Jordanie: Heurts entre police et manifestants qui tentaient de prendre d’assaut la mission israélienne

Il y a eu plusieurs arrestations ; la police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes ; certains protestataires ont appelé le Hamas à bombarder Tel Aviv et à kidnapper des soldats

Illustration : Les forces de sécurité jordaniennes utilisant des gaz lacrymogènes contre des manifestants tentant de prendre d'assaut l'ambassade israélienne à Amman, la capitale, après une explosion aux abords d'un hôpital de Gaza, le 17 octobre 2023. (Crédit : Mussa Hattar/AFP)

AMMAN, Jordanie (Reuters) — La police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes pour repousser les centaines de manifestants qui marchaient dimanche en direction de l’ambassade israélienne au sein de la capitale jordanienne, Amman. Ils protestaient contre l’opération militaire qui a eu actuellement lieu dans les hôpitaux de Gaza et à leurs abords et pour condamner un bilan humain qui ne cesse de s’alourdir dans l’enclave côtière.

Les manifestants ont scandé « Pas d’ambassade sioniste sur le territoire jordanien », tandis que d’autres ont entonné des slogans en soutien au groupe terroriste du Hamas.

« Nous voulons aller à la frontière pour tuer et pour kidnapper des soldats sionistes. Vengeance – vengeance – oh Hamas, bombarde Tel Aviv », ont-ils crié.

Les autorités ont d’abord déployé les agents de la police anti-émeute qui ont été chargés de disperser les protestataires qui étaient rassemblés dans la mosquée Kaloti, dans la capitale, d’où ils prévoyaient de se rendre à l’ambassade israélienne voisine, lourdement sécurisée.

Plusieurs manifestants ont été frappés et d’autres ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de passer outre le cordon de police qui entourait l’ambassade, ont indiqué des témoins.

La police n’a pas fait de commentaire.


L’ambassade israélienne, où des mouvements de protestation sont organisés quotidiennement, est depuis longtemps un lieu particulièrement sensible s’agissant des rassemblements anti-israéliens qui peuvent se tenir dans les périodes de troubles à Gaza ou dans les territoires palestiniens. L’envoyé israélien au sein du royaume hachémite, Amir Weissbrod, se trouve actuellement en Israël après avoir quitté la Jordanie pour des raisons sécuritaires suite au massacre du 7 octobre.

Certaines des manifestations pacifiques les plus importantes dénonçant Israël et les destructions à Gaza ont eu lieu dans le royaume.

Les autorités jordaniennes autorisent ces mouvements de protestation tout en affirmant qu’elles ne toléreront pas toute tentative de prise d’assaut de l’ambassade, les troubles à l’ordre à public ou l’avancée vers les postes-frontières qui séparent la Jordanie de la Cisjordanie ou d’Israël.


Des centaines d’activistes et de manifestants qui auraient violé la loi ont été arrêtés depuis que la guerre à Gaza a éclaté dans le sillage du 7 octobre – date à laquelle des terroristes du Hamas avaient semé la désolation dans tout le sud d’Israël, tuant 1 200 personnes, des civils en majorité, et kidnappant 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

Plus de 32 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, selon les autorités de la santé de l’enclave côtière dirigée par le Hamas. Des chiffres qui sont invérifiables et qui ne font pas la différence entre terroristes et civils.

Un grand nombre des 12 millions de Jordaniens sont d’origine palestinienne. Eux ou leurs parents avaient été expulsés ou avaient fui vers la Cisjordanie dans les combats qui avaient accompagné la création d’Israël, en 1948.

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