« JOUR J ÉCONOMIQUE » : Trump affirme que tout pays commerçant avec l’Iran sera sanctionné
'Ces fous furieux sont au bord du gouffre, et ces MESURES HISTORIQUES vont les paralyser', affirme le président, alors que le CENTCOM a dit contribuer au transit quotidien de millions de barils de pétrole par le détroit d’Ormuz
Le président américain Donald Trump a proclamé mercredi le « JOUR J ÉCONOMIQUE » contre l’Iran, avertissant que tout pays faisant des affaires avec la République islamique s’exposerait à des « CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES ÉNORMES ».
« La contrebande de pétrole, les lignes de swap, les transferts d’argent liquide, les bureaux de change, les registres maritimes, les sociétés écrans… Tout cela doit cesser IMMÉDIATEMENT. Vous savez de qui je parle », a écrit Trump dans un message publié sur Truth Social.
« Personne n’a offert à la République islamique d’Iran une meilleure opportunité de conclure un accord que moi. MALHEUREUSEMENT pour eux, ils n’ont pas su la saisir. »
Mardi, Trump avait déclaré qu’il n’était pas intéressé par des négociations avec l’Iran, mais dès le lendemain, il s’était dit ouvert à leur reprise.
« C’est pourquoi, aujourd’hui, j’annonce l’OPÉRATION ÉCONOMIQUE LA PLUS DÉVASTATRICE JAMAIS MENÉE CONTRE UN PAYS ! », a déclaré Trump.
Le président américain a proféré d’innombrables menaces de recourir à une force dévastatrice et à des sanctions économiques contre l’Iran, avant de faire marche arrière, tout en affirmant que les négociations en vue d’un accord diplomatique progressaient.
Cette fois-ci, a insisté Trump, ce sera « une guerre économique et un isolement d’une ampleur sans précédent ».
« Aujourd’hui, j’annonce également que TOUT pays qui autorisera ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses entités gouvernementales à fournir une aide vitale, quelle qu’elle soit, à l’Iran subira lui-même d’ÉNORMES conséquences économiques », a-t-il déclaré.
« Ce sera un JOUR J ÉCONOMIQUE, et nous avons besoin que tous nos alliés se rangent aux côtés des États-Unis d’Amérique pour isoler et vaincre la menace iranienne. »
« Ces fous furieux sont au bord du gouffre, et ces MESURES HISTORIQUES les paralyseront et mettront fin à leur capacité à semer le terrorisme dans le monde entier », a-t-il écrit, sans préciser la nature exacte de ces mesures.
« L’IRAN N’AURA JAMAIS D’ARME NUCLÉAIRE. »
Cette campagne de pression économique intensifiée est intervenue alors que la guerre approche de son sixième mois, sans qu’aucune issue diplomatique ou militaire ne se profile à court terme, et que le détroit d’Ormuz, d’une importance vitale, reste largement bloqué. À l’approche des élections de novembre, Trump fait également l’objet d’une attention renouvelée à l’échelle nationale concernant les coûts de la guerre pour les consommateurs américains et son impact sur l’armée.
Trump n’a pas précisé quelles mesures il comptait prendre à l’encontre des pays qui continuent de faire des affaires avec l’Iran, ce qui semblerait inclure des alliés des États-Unis ayant contribué à la médiation des pourparlers de paix, et il n’a cité aucun pays par son nom.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a également déclaré la semaine dernière que les États-Unis allaient bientôt intensifier leurs efforts pour isoler économiquement l’Iran, dans le cadre d’une approche à deux volets comprenant un blocus naval américain.
« Ce sera une combinaison d’isolement économique sans précédent dans l’histoire », a déclaré Bessent à la chaîne de télévision conservatrice Newsmax.
Depuis des mois, le Trésor américain mène une opération baptisée « Economic Fury », visant à couper les sources de financement de l’Iran par des sanctions ciblées.
La défiance iranienne
L’Iran a adopté un ton défiant après avoir survécu à des mois d’opérations militaires américaines qui n’ont pas permis de mettre un terme décisif à la guerre et qui, selon les médias américains, ont considérablement réduit les stocks de munitions des États-Unis. Le Pentagone a démenti ces informations.
Le conflit a éclaté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre la République islamique d’Iran, qui a riposté par des frappes de missiles et de drones dans toute la région.
La menace que représentent les missiles et les drones de Téhéran a fortement réduit le trafic maritime dans le détroit, alors qu’un accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran visant à le rouvrir a échoué.
Cependant, plus tôt dans la journée de mercredi, Trump a vanté les efforts militaires américains pour aider les navires à sortir du détroit, déclarant : « En ce moment même, de nombreux navires le traversent. »
Axios a rapporté que les forces américaines facilitaient le transit de 15 à 20 navires entrant et sortant du détroit d’Ormuz chaque nuit ces dernières semaines, transportant « environ la moitié du volume d’avant-guerre » des expéditions quotidiennes de pétrole, soit quelque 10 millions de barils.
« Nous contrôlons le chenal sud du détroit d’Ormuz depuis deux mois maintenant. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique peut être une nuisance, mais il ne contrôle pas le détroit. C’est nous qui le contrôlons », a déclaré un responsable américain à ce média en ligne. Il a précisé que l’opération militaire visant à protéger les navires transitant par le détroit avait été précédée de frappes contre des sites de surveillance radar et maritime, rendant ainsi les Iraniens en grande partie « aveugles ».
Ces derniers jours, les deux parties ont déclaré que des messages étaient échangés ; cependant, Trump a insisté mardi sur le fait que les pourparlers étaient suspendus et il a publié des messages sur les réseaux sociaux suggérant que le détroit pourrait devenir un « NOUVEAU territoire américain ».
Mardi, les Émirats arabes unis ont annoncé qu’ils suspendaient toutes leurs relations économiques avec l’Iran après avoir déclaré avoir été la cible de deux missiles balistiques.
Ces deux pays voisins du golfe Persique partagent des liens culturels et historiques profonds et les Émirats arabes unis, qui abritent une importante communauté iranienne, étaient un partenaire commercial majeur de l’Iran, pays soumis à des sanctions américaines, du moins avant la guerre.
« Nous avons besoin que tous nos alliés se rangent aux côtés des États-Unis d’Amérique pour isoler et vaincre la menace iranienne », a écrit Trump sur Truth Social mercredi.