Katz et Pompeo exhortent davantage de pays à placer le Hezbollah sur liste noire
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Katz et Pompeo exhortent davantage de pays à placer le Hezbollah sur liste noire

Comme l'a fait le Royaume-Uni, Katz et Pompeo appellent les nations à ajouter la branche politique du groupe libanais soutenu par l'Iran à la liste des organisations terroristes

Des partisans du groupe terroriste du Hezbollah se déplacent en convoi pour soutenir le discours de son dirigeant Hassan Nasrallah, dans la zone de la Porte de Fatima à Kfar Kila sur la frontière libanaise avec Israël, le 25 octobre 2019. (Ali Dia/AFP)
Des partisans du groupe terroriste du Hezbollah se déplacent en convoi pour soutenir le discours de son dirigeant Hassan Nasrallah, dans la zone de la Porte de Fatima à Kfar Kila sur la frontière libanaise avec Israël, le 25 octobre 2019. (Ali Dia/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères Israël Katz et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo ont fait des remarques séparées samedi, appelant d’autres pays à ajouter l’ensemble du mouvement Hezbollah libanais à leurs listes noires de terroristes, après que le Royaume-Uni eut annoncé qu’il le ferait cette semaine.

Le ministère britannique des Finances a déclaré vendredi qu’il avait ajouté la branche politique du Hezbollah à sa liste de groupes terroristes soumis au gel des avoirs. Le ministère ne visait auparavant que la branche militaire de l’organisation chiite, mais il a maintenant inscrit tout le groupe sur la liste après que le gouvernement l’eut désigné comme une organisation terroriste en mars dernier.

Cette modification exige que toute personne ou institution en Grande-Bretagne ayant des comptes ou des services financiers liés au Hezbollah les suspende sous peine de poursuites.

M. Katz a déclaré samedi dans un communiqué qu’il applaudissait le gouvernement britannique pour « sa décision d’inclure toutes les organisations du Hezbollah, y compris l’échelon politique, dans la législation permettant le gel des avoirs des organisations terroristes ».

Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que cette décision était « un aboutissement pour Israël dans sa lutte contre l’Iran et ses mandataires dans la région, principalement le Hezbollah ».

Les partisans du Hezbollah regardent un discours retransmis de leur leader Hassan Nasrallah pendant une procession religieuse de deuil au dernier jour lunaire de Muharram, qui marque Achoura, dans un quartier de la capitale de Beyrouth, au Liban, le 10 septembre 2019 (Crédit : Anwar Amro/AFP)

M. Katz a dit qu’il a soulevé la question lors d’une récente discussion avec le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab et a ajouté qu’il s’attendait à ce que les gouvernements de l’Allemagne, du Brésil, de l’Australie et d’autres pays avec lesquels il a eu des discussions prennent des mesures similaires.

Samedi, Pompeo a publié un tweet appelant « toutes les nations à désigner le Hezbollah comme l’organisation terroriste qu’il est. »

Le diplomate américain a également marqué le cinquième anniversaire de la mort du procureur argentin Alberto Nisman, assassiné en 2015, juste avant qu’il ne s’adresse à une commission du Congrès sur les allégations selon lesquelles la présidente de l’époque, Cristina Fernandez de Kirchner, aurait tenté de dissimuler l’implication de l’Iran dans un attentat terroriste perpétré en 1994 contre la communauté juive du pays.

Nisman a enquêté sur l’attaque terroriste du centre juif de l’AMIA à Buenos Aires qui a fait 85 morts et des centaines de blessés. Il a établi que le groupe terroriste Hezbollah soutenu par l’Iran était responsable du carnage et a ensuite accusé Kirchner et d’autres responsables d’avoir ignoré l’implication de l’Iran en échange de bénéfices commerciaux pour l’Argentine, en violation du code pénal du pays et de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Alberto Nisman donne une conférence de presse à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (AFP Photo/Juan Mabromata)

Le corps de Nisman a été retrouvé le 18 janvier 2015, quelques heures avant qu’il ne présente des preuves à l’appui de sa déclaration. Sa mort a d’abord été considérée comme un suicide probable, mais une cour d’appel fédérale argentine a par la suite conclu qu’il avait été assassiné.

Kirchner, qui a été inculpé en 2017 en rapport avec la dissimulation présumée de la participation de l’Iran à l’attentat, nie tout acte répréhensible.

Des pompiers et des policiers recherchent des blessés après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA en espagnol) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994. (ALI BURAFI/AFP/Getty Images via JTA)

« Satisfaits de la décision »

Plus tôt cette semaine, Brian Hook, le représentant spécial des Etats-Unis pour l’Iran, a déclaré que les Etats-Unis étaient « très satisfaits » de la décision du Royaume-Uni sur le Hezbollah, ajoutant qu’ils cherchaient depuis longtemps à obtenir une telle décision de la part des alliés européens.

« Nous tenons à féliciter le Royaume-Uni », a-t-il déclaré aux journalistes à Washington. « Il n’y a pas de distinction entre la branche politique du Hezbollah et sa branche militaire. »

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a salué cette initiative, la qualifiant de « pas important » et a exhorté l’UE et d’autres à suivre l’exemple de Londres.

« Le Hezbollah et ses soutiens iraniens sont à l’origine de nombreuses attaques qui ont assassiné des civils innocents dans le monde entier. L’Europe se réveille face aux activités terroristes de l’Iran et à leurs mandataires meurtriers », a déclaré M. Erdan.

Le Trésor à Londres a déclaré que ce changement faisait suite à son examen annuel du registre de gel des avoirs, et l’a mis en conformité avec la décision prise en 2019 par le ministre de l’Intérieur de mettre sur liste noire l’ensemble du Hezbollah.

« Le Royaume-Uni reste attaché à la stabilité du Liban et de la région, et nous continuons à travailler en étroite collaboration avec nos partenaires libanais », a déclaré un porte-parole.

Le Hezbollah est un mouvement chiite créé en 1982 pendant la guerre civile libanaise par le Corps des Gardiens de la Révolution iranienne.

Un raid transfrontalier en Israël à l’été 2006, au cours duquel le groupe terroriste a capturé les corps de soldats israéliens, a déclenché une guerre de 34 jours où plus de 1 200 personnes ont trouvé la mort.

Ce groupe est considéré comme un élément clé de la stratégie d’influence régionale de l’Iran à majorité chiite.

La décision de la Grande-Bretagne intervient dans un contexte de tensions accrues au Moyen Orient, après que les États-Unis ont tué le général iranien Qassem Soleimani lors d’une attaque de drone au début du mois.

Téhéran a riposté en tirant une salve de missiles sur les troupes américaines stationnées dans les bases militaires irakiennes.

La Grande-Bretagne applique actuellement une loi antiterroriste adoptée en 2000 qui interdit 75 organisations terroristes internationales.

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