Katz réaffirme qu’Israël « ne se retirera jamais complètement » de la bande de Gaza
Quelques jours après être revenu sur ses propos concernant l'établissement d'implantations dans l'enclave, le ministre de la Défense affirme qu'il n'a pas 'changé' d'avis
Jeudi, le ministre de la Défense israélien, Israel Katz, a de nouveau insisté sur le fait qu’Israël ne se retirerait jamais complètement de la bande de Gaza, laissant entendre qu’il envisageait d’y établir des avant-postes, quelques jours après avoir suscité la controverse en déclarant qu’il souhaitait reconstruire des implantations dans le nord de l’enclave.
Katz s’est montré plus prudent après être revenu sur ses précédentes déclarations, qui lui avaient valu de vives critiques de la part de Washington.
« Israël ne se retirera jamais complètement de Gaza. Il y aura une zone de sécurité importante à l’intérieur de la bande de Gaza, même après le passage à la deuxième phase [de l’accord de paix] si le Hamas désarme », a déclaré Katz lors d’une conférence organisée par le journal Makor Rishon, ajoutant qu’il était nécessaire de protéger les communautés israéliennes qui avaient été envahies lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Son insistance répétée sur le fait qu’Israël restera à Gaza est en contradiction avec le plan de paix en vingt points du président américain Donald Trump, qui a mis fin à la guerre à Gaza.
Ce plan stipule qu’Israël « n’occupera ni n’annexera Gaza » et qu’une fois la Force internationale de stabilisation déployée, l’armée israélienne se retirera « jusqu’à quitter complètement Gaza, à l’exception d’une présence dans le périmètre de sécurité qui restera en place jusqu’à ce que Gaza soit correctement protégée contre toute résurgence de la menace terroriste ».
Les États-Unis font pression pour que ces mesures, qui font partie de la deuxième phase du cessez-le-feu, soient rapidement mises en œuvre.
Si le Hamas ne désarme pas, « nous le ferons », a ajouté Katz.
Le ministre de la Défense a également affirmé que si Israël renonçait au contrôle du corridor Philadelphi, qui sépare l’Égypte de la bande de Gaza, « ne serait-ce qu’un seul jour », l’Iran parviendrait à faire parvenir toutes sortes d’armes à Gaza, faisant référence au soutien apporté par la République islamique aux groupes terroristes dans l’enclave.
Katz a par ailleurs rejeté l’affirmation selon laquelle il serait « revenu » sur les propos qu’il a tenus en début de semaine, appelant à la création d’implantations à l’intérieur de Gaza, déclarant : « Je ne fais demi-tour que lorsque je conduis. »
Il a laissé entendre que sa « vision » pour Gaza, qui devra être mise en œuvre « en temps voulu », comprend la création de groupes de pionniers du Nahal dans le nord de l’enclave – une référence ambiguë aux unités militaires qui, il y a plusieurs décennies, ont établi des avant-postes qui sont ensuite devenus des implantations à part entière.
« On a cherché à interpréter mes propos comme annonçant la création d’implantations à l’intérieur de Gaza », a-t-il poursuivi.
« Mais ce n’était pas mon intention. »
Mardi, Katz avait promis qu’Israël « ne quitterait jamais » la bande de Gaza et qu’il réinstallerait la population dans le nord de l’enclave, faisant fi des engagements pris par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Trump.
Il est rapidement revenu sur ses propos.
De nombreuses voix de la droite dure ou ultranationaliste au sein de la coalition de Netanyahu ont appelé Israël à reconstruire des implantations à Gaza à la suite de la guerre déclenchée par le 7-Octobre. Israël avait évacué toutes ses implantations à Gaza et retiré toutes ses troupes, conformément au plan de désengagement unilatéral de 2005. Dans le cadre du cessez-le-feu actuel, l’armée israélienne contrôle environ la moitié de l’enclave.