Klára Schneiderová, diplomate tchèque morte à 30 ans, vouait un « amour profond » à Israël

L'ambassade tchèque et la société israélienne pleurent la disparition d'une diplomate exceptionnelle percutée par un minibus dans la capitale

L'hommage de l'ambassade tchèque à Jérusalem à sa responsable, Klára Schneiderová, tuée dans un accident de la circulation quatre jours plus tôt, le 2 novembre 2026. (Nava Freiberg/Times of Israel)

Quelques heures après avoir célébré la fête nationale tchèque avec ses collègues diplomates, Klára Schneiderová promenait son chien adoré, comme elle le faisait souvent près du marché Mahane Yehuda à Jérusalem, lorsque le drame est survenu.

La diplomate de 30 ans était revenue en Israël un mois plus tôt pour prendre la tête du bureau de représentation de l’ambassade tchèque à Jérusalem, ravie de revenir dans un pays qu’elle connaissait depuis l’enfance.

Mais ce jeudi matin, le chauffeur d’un minibus a semble-t-il perdu le contrôle de son véhicule, est monté sur le trottoir et tué Mme Schneiderová avant de s’encastrer dans la devanture d’un magasin, rue Agrippas.

Vendredi, un communiqué de l’ambassade tchèque a déploré la « mort tragique » d’ « une personne brillante, chaleureuse et amicale, doublée d’une diplomate exceptionnelle ».

« C’est un moment très triste pour nous », a déclaré Cyril Bumbálek, l’adjoint à l’ambassadeur de République tchèque en Israël, lors d’un entretien téléphonique lundi avec The Times of Israel.

Schneiderová était revenue après une année d’absence suite à son précédent poste de numéro deux de la représentation de République tchèque à Ramallah, en Cisjordanie.

La diplomate tchèque Klára Schneiderová, décédée dans un accident de la route à Jérusalem le 29 octobre 2026, photographiée à Jérusalem. (Autorisation : Ambassade de la République tchèque à Tel Aviv)

« Elle était très, très heureuse de prendre ces nouvelles fonctions », souligne M. Bumbálek. « Elle connaissait beaucoup de monde, des compatriotes, et se passionnait pour l’histoire et la culture locales. »

« Elle aimait être à Jérusalem, ce lieu chargé de milliers d’années d’histoire », poursuit-il en racontant qu’elle connaissait « chaque recoin » de la ville et s’intéressait particulièrement à son patrimoine juif, arabe et musulman.

Mme Schneiderová habitait près du marché Mahane Yehuda et préférait se promener dans Jérusalem à pied, souvent accompagnée de son petit chien Habib, auquel elle était profondément attachée. M. Bumbálek a d’ailleurs précisé qu’elle l’emmenait parfois au bureau et lors de réunions diplomatiques.

Le chien a lui aussi été tué dans l’accident.

L’amour de Mme Schneiderová pour Israël remontait loin dans le temps. Son père, Jiří Schneider, avait été le deuxième ambassadeur tchèque en Israël après le rétablissement des relations diplomatiques, dans les années 1990.

Mme Schneiderová avait passé une partie de son enfance en Israël et fréquenté une école anglo-américaine à Even Yehuda.

Du fait de cette jeunesse passée en partie ici, « elle avait un lien très profond et personnel avec le pays. Ce n’était pas juste du travail pour elle, il y avait une véritable dimension affective », souligne M. Bumbálek.

Klára Schneiderová avec son chien. (Autorisation/ Ambassade de République tchèque)

Son corps doit être rapatrié en République tchèque mercredi pour y être inhumé en présence de ses proches.

Elle a été évacuée au centre hospitalier Shaare Zedek de Jérusalem après la collision, mais les urgentistes n’ont pu que constater sa mort.

La police a interpellé le chauffeur du minibus sur place et ouvert une enquête sur les circonstances du drame.

Sa mort a suscité une vive émotion et de nombreuses condoléances de la part des autorités israéliennes et de la population.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, le président de la Knesset, Amir Ohana, et le chef du parti HaDemocratim, Yair Golan, ont tous présenté leurs condoléances à l’ambassade, souligne M. Bumbálek, ajoutant que le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu avait lui aussi envoyé un message.

Le théâtre de l’accident de la rue Agrippas, à Jérusalem, le 29 octobre 2026, où un minibus a renversé et tué la diplomate tchèque Klára Schneiderová. (Police israélienne)

« Nous ne m’attendions pas à autant d’attentions… de nombreuses personnes ont appris la nouvelle de sa mort et sont venus à l’ambassade apporter des fleurs », ajoute-t-il.

« C’est un moment très triste pour nous, mais nous sommes très sensibles à cet élan de solidarité et de soutien venu de tous les horizons de la société israélienne. »

Lundi, un drapeau noir a été hissé devant le bureau de Jérusalem en signe de deuil et de respect.

Des employés hissent un drapeau noir devant les locaux de l’ambassade tchèque à Jérusalem quelques jours après le décès de sa responsable, Klára Schneiderová, dans un accident de la circulation, le 2 novembre 2026. (Lazar Berman/Times of Israel)

Le décès de Mme Schneiderová survient dans un contexte d’inquiétude croissante concernant la sécurité routière en Israël. Selon l’Autorité nationale de sécurité routière, plus de 300 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route en Israël cette année.

En 2025, on avait déploré la mort de 459 personnes sur les routes, le bilan le plus lourd de ces vingt dernières années, d’après l’Autorité. Parmi eux figuraient 126 piétons, contre 120 en 2024.

Rien qu’à Jérusalem, sept piétons ont été tués et 160 blessés l’an dernier, d’après les chiffres publiés par l’organisation de sécurité routière Or Yarok.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

read more: