Knesset: adoption de la loi visant à bannir les groupes de gauche des écoles
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Knesset: adoption de la loi visant à bannir les groupes de gauche des écoles

La commission de l'éducation de la Knesset a voté la loi ; "Quiconque parcourt le monde pour critiquer Tsahal perd le droit d'entrer dans les écoles", a déclaré Naftali Bennett

Manifestation d'étudiants pendant une conférence de l'ONG Breaking the Silence à l'université hébraïque de Jérusalem, le 22 décembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Manifestation d'étudiants pendant une conférence de l'ONG Breaking the Silence à l'université hébraïque de Jérusalem, le 22 décembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le projet de loi controversé autorisant le ministre de l’Education à interdire l’accès aux écoles aux organisations qui critiquent l’armée israélienne a été approuvé mardi par la Commission de l’Education de la Knesset pour ses deuxième et troisième lectures lors de la séance plénière.

La commission a voté en faveur par sept voix contre cinq.

En février, le projet de loi a été adopté en première lecture en séance plénière par une majorité de 35-23.

S’il est adopté en deuxième et troisième lecture, une loi sera promulguée.

Le ministre de l’éducation Naftali Bennett, chef du parti HaBayit HaYehudi, qui coparraine le projet de loi avec sa collègue Shuli Moalem-Refaeli, a écrit sur Twitter mardi : « Quiconque fait le tour du monde pour attaquer les soldats de notre armée perd le droit d’entrer dans nos écoles ».

Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, assiste à la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 3 septembre 2017. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Le projet de loi vise en grande partie à réduire les activités de Breaking the Silence, une ONG israélienne qui recueille et publie des témoignages essentiellement anonymes d’anciens militaires israéliens au sujet de violations présumées des droits de l’homme contre des civils palestiniens en Cisjordanie.

L’organisation, qualifiée de traître par la droite, tout récemment lors d’une réunion spéciale sur le sort des enfants de Gaza lundi, a souvent provoqué la colère.

Elle s’est souvent opposée aux dirigeants politiques et militaires israéliens et ses détracteurs ont dénoncé ses reportages comme étant malhonnêtes, inexacts et faisant partie d’une campagne de lobbying visant à nuire à l’image d’Israël à l’étranger.

L’organisation et ses partisans affirment qu’elle rend un service vital en exposant au public israélien les réalités auxquelles sont confrontés les jeunes soldats israéliens qui doivent contrôler quotidiennement une population civile palestinienne.

Bennett a proposé la loi pour la première fois en décembre 2016 après que trois directeurs d’une école secondaire ont ignoré ses directives interdisant à l’organisation de s’adresser aux élèves.

Des étudiants protestent durant une conférence de Breaking the Silence à l’université hébraïque de Jérusalem, le 22 décembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Réagissant au vote de la commission de l’éducation mardi, le député du Likud Amir Ohana a déclaré mardi : « Les élèves du système éducatif israélien ne sont pas et ne seront pas les cobayes de Breaking the Silence et de leurs semblables ».

« Nous avons entendu des élèves nous dire que ce que Breaking the Silence avait à [leur] dire juste avant leur recrutement dans l’armée israélienne était qu’il s’agissait d’une armée de voyous dans laquelle il valait mieux ne pas servir ou du moins ne pas servir de manière significative. Nous allons mettre un terme à cette situation absurde. »

Michal Rozin du parti de gauche Meretz a riposté en disant que le gouvernement « continue de prouver qu’il a peur de la libre pensée, des opinions différentes, de la démocratie ».

« Cela commence par faire taire des organisations comme Breaking the Silence et le Bereaved Families Forum (qui réunit des familles israéliennes et palestiniennes qui ont perdu des enfants dans le conflit), et se poursuit sur une pente glissante qui inclura toutes les questions que le gouvernement tente de cacher aux yeux du public – le recrutement des femmes, des membres issus de la communauté LGBT, le judaïsme réformé et autres ».

Il y a deux ans, les parlementaires israéliens ont adopté le controversé projet de loi sur la transparence, qui augmente considérablement les exigences de transparence pour près d’une vingtaine d’ONG israéliennes – dont Breaking the Silence – qui reçoivent la plus grande partie de leur financement de gouvernements étrangers.

Une analyse de la loi par le ministère de la Justice a montré que presque toutes les organisations israéliennes concernées par la loi étaient des groupes qui s’opposent à la présence d’Israël en Cisjordanie.

L’année dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé qu’il ne rencontrerait pas les dignitaires étrangers en visite qui rencontrent également des représentants de ces organisations.

Il a même annulé une réunion prévue avec le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel après que ce dernier a bravé un avertissement de ne pas rencontrer l’organisation.

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