Kobili Traoré, pénalement irresponsable du meurtre de Sarah Halimi, mis en examen dans une autre affaire

Un psychiatre a attesté qu'il ne présentait pas de symptomatologie aiguë - ni syndrome délirant, ni désorganisation - au cours de cette garde à vue

La communauté juive et l'organisation internationale d'éducation à Israël StandWithUs organisant une manifestation devant le Consulat général de France le 25 avril 2021 à Los Angeles, Californie, pour demander justice pour Sarah Halimi. - Sarah Halimi une femme juive française de 65 ans a été tuée par son voisin dans son appartement à Paris, France, en avril 2017. (Crédit : Apu Gomes/AFP)

Kobili Traoré, jugé pénalement irresponsable du meurtre de Sarah Halimi en 2017, a été mis en examen et écroué dans le cadre d’une autre affaire, a annoncé le parquet de Paris samedi.

Trois personnes ont été entendues vendredi par un juge d’instruction parisien. Deux d’entre elles ont été mises en examen et écrouées, dont Kobili Traoré, selon le ministère public. Une a été placée sous le statut plus favorable de témoin assisté.

Il y a près de neuf ans, à Paris, Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, avait roué de coups, au cri de « Allah Akbar », puis jeté par-dessus le balcon Sarah Halimi, sa voisine juive âgée de 65 ans.

Bien qu’ayant entériné la nature antisémite du meurtre, la Cour de cassation avait confirmé l’absence de procès dans cette affaire retentissante en avril 2021. Selon les experts psychiatres, le meurtrier avait été pris d’une « bouffée délirante » au moment des faits.

Cette fois, Kobili Traoré est soupçonné d’avoir attaqué, le 27 janvier dernier, avec deux autres suspects, une personne chez qui ils « se fournissaient en stupéfiants » et avec qui l’un des suspects « avait un litige financier », relate le parquet.

La victime a raconté qu’elle « attendait la visite d’un homme » quand, derrière lui, « deux autres avaient pénétré dans son appartement, le visage dissimulé, l’avaient aspergée de gaz lacrymogène et violentée, avant de fouiller l’habitation ».

« Des bijoux, des sacs de valeur, un téléphone et la clé d’un box » ont été dérobés.

« Les agresseurs présumés ont attaché la victime à une chaise avant de quitter les lieux », selon sa version.

Les trois suspects sont « connus pour faire l’objet de soins psychiatriques », souligne le ministère public.

Depuis l’affaire Sarah Halimi, Kobili Traoré a fait l’objet de soins en unité pour malades difficiles (UMD) jusqu’en 2020, puis à l’hôpital jusqu’en 2023, avant de retourner en UMD pendant un an, puis à l’hôpital en septembre 2024, selon le parquet.

Kobili Traoré a été interpellé mercredi pour le « homejacking » présumé. « Un psychiatre a attesté qu’il ne présentait pas de symptomatologie aiguë (ni syndrome délirant, ni désorganisation) » au cours de cette garde à vue, souligne le parquet.

Vendredi, l’avocat de la famille de Sarah Halimi, Me Olivier Pardo, a réagi à cette nouvelle affaire, y voyant un « élément complémentaire » en faveur d’une « réouverture » du dossier du meurtre de la sexagénaire. Ce nouveau dossier « n’a rien à voir avec celui de Sarah Halimi », a estimé l’avocat de Kobili Traoré, Thomas Bidnic.

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