La Banque d’Israël maintient son taux directeur à 4,5 % face à la guerre et à l’Iran

Invoquant l’incertitude géopolitique et les effets du conflit avec l’Iran, la banque centrale refuse de baisser ses taux, alors que l’économie peine à se redresser

Le système de défense antimissile Arrow tirant un missile intercepteur durant de l'Opération « Rising Lion » en juin, sur une photo publiée le 17 juillet 2025. (Crédit : Ministère de la Défense)

La Banque d’Israël a décidé mercredi de maintenir son taux directeur à 4,5 %, invoquant un « niveau élevé d’incertitude géopolitique » et les répercussions économiques de la guerre avec l’Iran.

« L’incertitude géopolitique est élevée et les évolutions sécuritaires envisageables sont multiples », a indiqué la banque centrale. « L’activité économique se redresse après un net ralentissement pendant l’opération militaire contre l’Iran. »

Mais la banque a mis en garde que si la guerre sur plusieurs fronts « s’intensifie et se prolonge, il existe un risque que les restrictions d’approvisionnement continuent de peser sur la reprise économique, que la croissance soit plus modérée et que le déficit budgétaire et l’inflation augmentent ».

Avant la décision sur les taux d’intérêt, la plupart des économistes s’accordaient à penser que la banque centrale adopterait une approche attentiste, en observant si la tendance à la modération de l’inflation se confirmait avant de baisser à nouveau son taux directeur. L’inflation israélienne est tombée à 3,1 % en juillet, contre 3,3 % en juin. Elle reste toutefois au-dessus de la cible annuelle du gouvernement, fixée entre 1 % et 3 %.

« L’inflation de ces derniers mois a été marquée par une forte volatilité », a souligné la Banque d’Israël. « Plusieurs facteurs menacent soit une reprise de l’inflation, soit son incapacité à revenir dans la fourchette cible : les tensions géopolitiques et leurs effets sur l’activité économique, une hausse de la demande combinée à des contraintes d’offre, ainsi que la dégradation des termes de l’échange mondiaux. »

Le conflit, qui se poursuit depuis 22 mois, a déjà lourdement affecté l’économie. Au deuxième trimestre (avril-juin), le produit intérieur brut s’est contracté de 3,5 %, la guerre de 12 jours avec l’Iran en juin ayant entraîné la fermeture de nombreuses entreprises et freiné la consommation, les exportations et l’investissement.

La Banque centrale avait abaissé ses taux d’intérêt pour la dernière fois en janvier 2024, la première baisse en près de quatre ans, afin de soutenir ménages et entreprises alors que l’économie était déjà fragilisée par la guerre avec le groupe terroriste palestinien du Hamas.

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