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La Berlinale accusée d’avoir aidé à propager l’antisémitisme

La controverse a été alimentée par des prises de position de cinéastes accusant Israël de génocide mais omettant de préciser que l'offensive israélienne a été déclenchée l'attaque terroriste sans précédent du Hamas le 7 octobre

Le cinéaste américain Ben Russell (R) et le cinéaste français Guillaume Cailleau posent avec le prix Encounters du meilleur film pour leur film "Direct Action" sur le tapis rouge après la cérémonie de remise des prix de la 74e édition du Festival international du film de Berlin, le 24 février 2024 à Berlin. (Crédit : Tobias SCHWARZ / AFP)
Le cinéaste américain Ben Russell (R) et le cinéaste français Guillaume Cailleau posent avec le prix Encounters du meilleur film pour leur film "Direct Action" sur le tapis rouge après la cérémonie de remise des prix de la 74e édition du Festival international du film de Berlin, le 24 février 2024 à Berlin. (Crédit : Tobias SCHWARZ / AFP)

Le festival de cinéma de Berlin s’est retrouvé dimanche au centre d’une polémique, accusé d’avoir servi de plateforme pour des déclarations antisémites de metteurs en scène lors de la remise des prix la veille, en lien à la guerre d’Israël contre le Hamas.

« L’antisémitisme n’a pas de place à Berlin, et cela vaut aussi pour les artistes », a dénoncé le maire de la capitale allemande, Kai Wegner, sur son compte X (ex-Twitter).

« Ce qui s’est déroulé hier à la Berlinale a constitué une relativisation insupportable », a-t-il ajouté, en demandant des comptes à la direction du festival.

La controverse a été alimentée notamment par des prises de position de cinéastes samedi soir, lors de la remise des prix du festival, accusant Israël de génocide en raison des bombardements qui ont fait près de 30 000 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Le Hamas est accusé de gonfler le nombre des victimes civiles et d’y inclure les Palestiniens tués par les roquettes tirées par les factions terroristes qui retombent dans la bande. Le Hamas ne fait pas non plus de distinction, dans ce bilan, entre les civils et les terroristes. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 12 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier de terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre.

Dans le même temps, ces metteurs en scène n’ont pas mentionné que l’offensive israélienne a été déclenchée par une attaque sans précédent menée en Israël le 7 octobre dernier par le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, qui a entraîné la mort d’au moins 1 160 personnes, en majorité des civils.

C’est le cas notamment du cinéaste américain Ben Russel, qui est monté sur la tribune en portant un foulard palestinien et en accusant Israël de génocide.

L’auteur de documentaires palestinien Basel Adra, qui s’est vu décerner un prix pour un film sur les expulsions de Palestiniens en Cisjordanie, a aussi accusé Israël de « massacrer » la population palestinienne et a critiqué les ventes d’armes allemandes à Israël.

Leurs prises de position ont été applaudies par l’assistance dans la salle.

Un responsable du parti social-démocrate du chancelier allemand Olaf Scholz, Helge Lindh, a qualifié de « choquant » les applaudissements du public samedi.

« J’ai honte de voir que dans mon pays des gens aujourd’hui applaudissent des accusations de génocide contre Israël », a-t-elle déclaré au quotidien Die Welt.

Un responsable des Verts, qui sont membres du gouvernement de coalition allemand, Konstantin von Notz, a lui aussi dénoncé « une honte » et « un renversement perfide » pour les Juifs « du statut de victimes en bourreaux ».

Le festival de cinéma de Berlin est principalement financé par le gouvernement allemand, qui du fait des horreurs nazies a placé la défense d’Israël au rang de raison d’Etat et fait de la lutte contre l’antisémitisme une de ses grandes priorités.

Dans un communiqué transmis dans la soirée à l’AFP, la Berlinale a jugé que les déclarations des cinéastes constituaient « des opinions individuelles et indépendantes » du festival, qui ne représentent « en rien » celles de la Berlinale mais qu’il convient « d’accepter » dès lors qu’elles « respectent la cadre légal ».

Dans le même temps, la direction du festival a indiqué « comprendre l’indignation » suscitée par les propos « ressentis comme trop partiaux » tenus lors de la remise des prix.

Attisant un peu plus la controverse, un compte Instagram du festival de cinéma, « Berlinale.panorama », a en outre diffusé des photos et images controversées portant le slogan « Free Palestine from the River to the Sea » (Libérez la Palestine du fleuve Jourdain jusqu’à la Mer Méditerranée, ndlr) ou « Stop au génocide à Gaza ».

La direction du festival a indiqué que ce compte Instagram avait été « piraté ». « Des commentaires en lien avec le conflit au Proche-Orient ont été publiés qui n’émanent pas du festival et ne représentent pas ses positions », a-t-elle indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP.

« Il est insupportable que des gens se servent d’un compte de réseau social de la Berlinale pour répandre de la propagande antisémite », a-t-elle dit, affirmant avoir effacé les messages et déposé plainte contre « cet acte criminel ».

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