La commission électorale refuse la demande du Likud de reporter les résultats du vote

La commission électorale centrale a refusé la demande de Netanyahu, qui se dit désormais ouvert à la formation d'un « gouvernement national large » sous sa direction

Des affiches de campagne du Likud dans la ville de Kiryat Shmona, au nord d’Israël, à deux jours des élections législatives israéliennes du 25 octobre 2026. (Crédit: Ayal Margolin/Flash90)

Lundi, le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenté de faire reporter la validation officielle des résultats des élections prévue mercredi, le parti continuant de prétendre que le scrutin a été « volé » par des partis arabes non sionistes.

Noam Sohlberg, le juge à la Cour suprême en charge de la surveillance des élections, a rapidement rejeté cette demande.

Ces tentatives de report de la certification des résultats interviennent dans le cadre d’une enquête pour ingérence étrangère lors des élections du 27 octobre dernier.

Dimanche, la commission électorale centrale, présidée par M. Sohlberg, a souligné que même s’ils étaient avérés, ces soupçons ne suffiraient pas à modifier le résultat du scrutin, les élections s’étant « déroulées correctement ».

Les accusations se concentrent sur des rumeurs de fonds versés par le Qatar, ou d’autres puissances étrangères, pour stimuler la participation des électeurs arabes et influencer l’issue de l’élection. Ces rumeurs n’ont pas été étayées, et le Shin Bet ainsi que le Mossad devraient bientôt conclure leur enquête.

Le Likud envisagerait de s’opposer à la validation officielle des résultats par l’assemblée plénière de la commission électorale centrale mercredi matin.

Le vote de la commission électorale centrale est une formalité — la commission est légalement tenue, en vertu de la Loi fondamentale : La Knesset et de la loi électorale de la Knesset, de publier les résultats dans les huit jours suivant le scrutin —, bien que les conséquences d’un refus soient inconnues.

Les résultats officiels doivent être présentés au président Herzog au plus tard mercredi.

Lundi, l’avocat du Likud et membre de la commission électorale centrale, Ilan Bombach, a écrit au président de la commission, M. Sohlberg, pour demander une réunion d’urgence de la commission avant la certification du vote, afin de s’assurer que tous les membres soient informés des « graves soupçons d’ingérence étrangère ».

« La gravité des soupçons, combinée au manque de clarté concernant leur nature et leur portée, rend impossible pour la présidence et la commission électorale centrale de publier les résultats certifiés comme si de rien n’était », a écrit M. Bombach à M. Sohlberg, selon une copie de la lettre obtenue par la chaîne N12.

Me Ilan Bombach arrivant à une audience sur les recours déposés contre la loi du « caractère raisonnable » du gouvernement, à la Cour suprême de Jérusalem, le 12 septembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

M. Sohlberg a rejeté la demande de M. Bombach de reporter la certification des résultats, répondant que « la commission centrale électorale n’avait pas le pouvoir de refuser la certification des résultats, pas plus que d’intervenir dans une enquête en cours ».

Le fait de reporter la publication, explique M. Sohlberg, pourrait conduire à prolonger le mandat de la Knesset sortante, ce qui est contraire aux principes démocratiques.

« Tout résultat par lequel le bureau de la commission ou son assemblée plénière refuserait de publier les résultats des élections reçus, et prolongerait ainsi le mandat d’une Knesset ayant achevé son mandat, serait contraire aux préceptes démocratiques fondamentaux », a-t-il écrit tout en rappelant qu’une enquête était en cours.

Le président du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a accusé M. Netanyahu et son parti de mener une « campagne destructrice et violente de délégitimation contre les résultats des élections ».

Ces faits, a déclaré M. Eisenkot, sont « une attaque directe contre la démocratie israélienne » et la preuve du « grave danger posé par le maintien du pouvoir du Likud et de Netanyahu ».

« Cette offensive est le dernier recours de ceux qui comprennent l’ampleur de leur défaite », a déclaré M. Eisenkot.

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, aux côtés de membres de son parti au siège électoral du parti à Tel Aviv, après la fermeture des bureaux de vote et la publication des résultats des sondages à la sortie des urnes, le soir des élections législatives israéliennes, le 28 octobre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le numéro 2 de BeYahad, Yair Lapid, a déclaré que la tentative du Likud de retarder la certification des résultats des élections montrait que le parti avait compris qu’il avait bel et bien perdu. « Ils font feu de tout bois — organiser des manifestations, concocter des théories du complot et contester le résultat d’élections démocratiques », a-t-il accusé.

« Ils tentent de démanteler la démocratie israélienne, mais nous ne les laisserons pas faire », a promis M. Lapid. « En démocratie, ce sont les gagnants qui forment le gouvernement et les perdants qui vont dans l’opposition. Et c’est ce qui va se passer. »

Le Likud a répondu en prétendant que M. Eisenkot et l’opposition tentaient d’empêcher « la vérité d’éclater au sujet des graves soupçons… d’ingérence étrangère dans les élections israéliennes ».

Le Premier ministre en faveur d’un gouvernement d’union « large », incluant les mêmes membres que le précédent

Alors que le Likud continuait de contester la légitimité des résultats, M. Netanyahu a déclaré lundi soir qu’il était dorénavant ouvert à la formation d’un « gouvernement national large ».

Insistant sur le fait qu’il devait être le chef d’un tel gouvernement, M. Netanyahu a déclaré qu’il n’abandonnerait pas les partis d’extrême droite et ultra-orthodoxes qui composent sa coalition sortante.

Cette prise de position marque un possible changement pour M. Netanyahu, qui, dans un discours adressé à ses partisans du Likud le 28 octobre, quelques heures après la fin du vote, s’était engagé à établir « une coalition de droite nationale forte ».

Dans un message publié lundi soir sur X, M. Netanyahu a déclaré que la population israélienne « ne voulait pas d’un gouvernement dépendant de Raam ou de la Liste arabe unie ». Il a assuré que les deux partis arabes « soutenaient le terrorisme et rejetaient l’existence de l’État juif ».

Le Premier ministre Netanyahu s’adresse aux médias aux côtés de son épouse Sara après avoir voté dans un bureau de vote à Jérusalem, le 27 octobre 2026. (Crédit : Jewel Samad/AP)

« Depuis le premier jour, notre main est tendue pour former un gouvernement national large », a-t-il déclaré. « Une grande partie de la population juive a choisi le Likud, ce qui en fait le plus grand parti, et m’a choisi, en tant que Premier ministre, pour diriger le prochain gouvernement. »

Bien que le Likud ait obtenu le plus grand nombre de sièges — 27 — lors des élections de la semaine dernière, le bloc pro-Netanyahu a largement perdu sa majorité, obtenant un total de 53 sièges.

Les 67 autres sièges sont répartis entre les partis menés par des Israéliens, qui ont obtenu 48 sièges, et les partis menés par des Arabes, qui en ont remporté 19.

« Nous souhaitons former un gouvernement large avec nos partenaires et tous les partis prêts à nous rejoindre, à condition qu’ils ne soutiennent pas le terrorisme », a conclu M. Netanyahu.

Les quatre partis d’opposition sionistes, Yashar, BeYahad, HaDemocratim et Yisrael Beytenu, ont exclu de siéger dans un gouvernement dirigé par M. Netanyahu.

Le chef de la Liste arabe unie : l’opposition doit faire face à la « réalité politique »

Pendant ce temps, le chef de la Liste arabe unie, le plus grand parti à majorité arabe de la nouvelle Knesset, a déclaré lundi à l’AFP qu’il était temps pour les membres de l’opposition d’admettre la « réalité politique » et d’unir leurs forces pour évincer Netanyahu.

Youssef Jabareen, chef de file de la Liste arabe unie (au centre), et d’autres membres de cette alliance politique dirigée par des Arabes israéliens applaudissant à l’annonce des premiers sondages à la sortie des urnes, diffusés à la télévision au siège de campagne de l’alliance, à Nazareth, dans le nord d’Israël, le 27 octobre 2026. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Après que les deux camps principaux se sont vu refuser la majorité lors du scrutin de la semaine dernière, Yousef Jabareen a déclaré que les réfractaires de l’opposition « devaient accepter la réalité politique et les chiffres de la Knesset. Compte tenu de l’arithmétique parlementaire actuelle, le gouvernement de Netanyahu… ne peut pas être remplacé sans la participation de la Liste arabe unie. »

M. Jabareen a déclaré avoir rencontré lundi le chef du parti Raam, Mansour Abbas, et avoir rendez-vous le lendemain avec Yair Golan, du parti HaDemocratim, seul homme politique de gauche et membre du bloc d’opposition à appeler publiquement à un partenariat de gouvernement avec les partis menés par des Arabes.

« Le paysage politique est désormais clair : les partis d’opposition n’ont pas la majorité pour faire adopter des lois sans la Liste arabe unie. Nous leur disons que nous sommes prêts à tendre la main pour apporter notre soutien aux lois et décisions qui servent nos projets et programme politiques. »

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

read more: