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La confrontation avec l’Iran « n’est qu’une question de temps » , dit Liberman

Dans le cadre des initiatives de reprise des négociations nucléaires, le ministre des Finances a estimé que la diplomatie ne suffirait pas pour stopper le programme iranien

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman pendant une réunion de faction à la Knesset, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman pendant une réunion de faction à la Knesset, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Dans la dernière menace d’affrontement militaire proférée par Israël à l’encontre de l’Iran, le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré, mardi, qu’un conflit était inévitable et qu’il était le seul moyen d’empêcher la République islamique d’obtenir des capacités nucléaires.

S’exprimant auprès du site Walla, Liberman a estimé « qu’une confrontation militaire avec l’Iran n’est qu’une question de temps – et ce temps ne va pas être long ».

Dans un contexte d’initiatives visant à relancer les négociations entre Téhéran et les puissances mondiales concernant la remise en vigueur du JCPOA, l’accord signé en 2015 sur le nucléaire qui est aujourd’hui moribond, Liberman a expliqué « qu’aucun accord ou autre processus diplomatique ne sera en mesure de stopper le programme nucléaire de l’Iran ».

Selon le dirigeant du parti Yisrael Beytenu, l’Iran est un problème plus important pour Israël que pour le reste de la communauté internationale « parce que le pays a clairement établi que sa politique était de détruire Israël, et que les ayatollahs sont sérieux » à ce sujet.

Mardi, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a pris la parole lors d’une réunion de la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense pour justifier l’augmentation budgétaire réclamée pour l’armée par le gouvernement, avertissant que ces fonds supplémentaires étaient nécessaires pour préparer une frappe potentielle contre le programme nucléaire iranien.

Cet été, le gouvernement a annoncé qu’il avait convenu d’un budget à hauteur de 58 milliards de shekels pour la Défense en 2022 – ce qui marque une augmentation par rapport au budget précédent qui avait été établi pendant l’année 2019 et qui était resté en vigueur dans la mesure où les gouvernements ont depuis été dans l’incapacité d’en adopter un nouveau.

« Israël doit relever des défis militaires sur de nombreux fronts et il est donc d’une importance primordiale d’approuver un nouveau budget de la Défense après des années sans budget fixe, ce qui a – dans une certaine mesure – nui à notre capacité d’agir, à notre capacité de mettre en place une communication appropriée et à construire nos forces de manière plus efficace », a déclaré Gantz.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’un événement de lancement d’un caucus de la Knesset consacré aux Accords d’Abraham à Jérusalem, le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans son allocution, le ministre de la Défense a précisé que la menace la plus significative qu’Israël devait affronter était l’Iran et le programme nucléaire de la République islamique, ajoutant que l’armée devait y consacrer des ressources.

« Nous constatons que l’Iran progresse dans ses activités d’enrichissement d’uranium et que le pays pourra ainsi, quand il le souhaitera, devenir un État du seuil nucléaire – et nous faisons actuellement tous les efforts nécessaires pour prévenir cela », a poursuivi Gantz.

La veille de l’intervention de Gantz devant la commission, la Douzième chaîne avait fait savoir que le gouvernement prévoyait d’allouer cinq milliards de shekels pour une attaque de ce type contre la République islamique, deux milliards provenant du budget de la Défense et le reste du budget actuel.

Dans son reportage diffusé lundi soir – dont les sources restent non-identifiées – la chaîne précisait que les cinq milliards de shekels serviraient à acheter des types variés de drones, notamment capables de collecter des renseignements, et des armes uniques qui ne prendraient pour cible que des sites souterrains largement fortifiés.

Le chef d’état-major Aviv Kohavi avait déclaré ouvertement, au mois de janvier, que l’armée préparait de nouveaux « plans d’opération » pour une puissante frappe militaire. Il avait dit, au mois d’août, que les progrès réalisés par l’Iran dans son programme nucléaire avaient amené les militaires à « accélérer les plans opérationnels » avec un nouveau budget pour ce faire.

Les avions de chasse du deuxième escadron de F-35 de l’armée, les Lions of the South (Les Lions du sud), survolent le sud d’Israël, en janvier 2020. (Crédit : Porte-parole de Tsahal)

Dans un discours prononcé le mois dernier devant l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre Naftali Bennett avait déclaré que « le programme nucléaire de l’Iran a atteint un point de bascule – et c’est le cas également de notre tolérance. Les mots n’empêchent pas les centrifugeuses de tourner… Nous ne permettrons pas à l’Ian d’acquérir une arme atomique. »

L’administration du président américain Joe Biden a indiqué qu’elle cherchait encore, par la voie diplomatique, à réintégrer les États-Unis et l’Iran dans l’accord sur le nucléaire signé en 2015, avertissant néanmoins qu’elle n’attendrait pas indéfiniment le retour de Téhéran à la table des négociations.

En cas d’échec de la voie diplomatique, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a confié à son homologue israélien Yair Lapid, au mois d’octobre, que « toutes les options » seraient sur la table – ce qui marque un durcissement de la rhétorique utilisée par l’administration américaine après que Biden a dit à Bennett, au mois d’août, que Washington réfléchirait à « d’autres options » si l’accord sur le nucléaire devait s’effondrer définitivement.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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