La construction de plus de 2 100 logements planifiée dans des implantations

'Il ne s’agit pas seulement d’une simple étape de planification, mais d’un développement national qui renforce notre emprise sur le territoire', a dit Smotrich

Photo d'illustration : des bulldozers à l'œuvre dans l'implantation de Sa-Nur, en Cisjordanie, le 19 avril 2026. (Crédit: Nasser Ishtayeh/Flash90)

La construction de 2 162 logements dans trois implantations de Cisjordanie a été approuvée mercredi par le Conseil supérieur de planification au sein de l’Administration civile, un service du ministère de la Défense – une décision que le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a saluée, estimant qu’elle « renforce » l’emprise d’Israël sur le territoire.

La commission a approuvé la construction de 1 006 logements à Gvaot, qui se trouve dans la région du Gush Etzion en Cisjordanie, au sud de Jérusalem, dans le cadre de l’une des étapes les plus importantes du processus de planification.

Ce projet permettra d’agrandir considérablement l’implantation — où vivent actuellement plusieurs dizaines de familles — et de créer des logements susceptibles d’accueillir des milliers de nouveaux résidents.

Gvaot avait été fondé en 1997 sous la forme d’un nouveau quartier d’une implantation déjà existante, Alon Shvut – et ce même si Gvaot était située à environ 3 kilomètres au nord-ouest d’Alon Shvut – afin de contourner la nécessité d’une autorisation du cabinet qui serait venue sanctionner la création d’une nouvelle implantation.

Le gouvernement a officiellement autorisé Gvaot en tant que nouvelle implantation au mois de mars 2025.

La commission supérieure de planification a également approuvé 922 logements au sein de l’implantation de Har Bracha, qui est située en Samarie, au nord de la Cisjordanie, à un stade précoce du processus de planification. Une approbation qui permettra, à terme, de multiplier par trois la taille de l’implantation qui compte actuellement 3 500 habitants.

234 logements supplémentaires ont été approuvés pour Kiryat Arba, une implantation située dans le sud de la Cisjordanie, à proximité d’Hébron, dans le cadre de la dernière étape du processus de planification.

« Il ne s’agit pas seulement d’une étape de planification ; il s’agit d’un développement national qui consolide notre emprise sur le territoire, qui renforce la sécurité d’Israël et qui établit des faits clairs qui préviendront la création d’un État terroriste arabe au cœur du pays », a dit Smotrich.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, assistant à une réunion de la commission des Finances de la Knesset, à Jérusalem, le 26 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Smotrich a été l’architecte de l’expansion sans précédent du mouvement pro-implantation sous le gouvernement actuel. Il a approuvé de nouvelles implantations pour la toute première fois depuis des décennies, il a légalisé de manière rétroactive des avant-postes auparavant illégaux, et il a augmenté de façon massive le nombre de permis de construire de logements, à des stades différents de leur planification.

Depuis la formation du gouvernement, à la fin de l’année 2022, Smotrich s’est démené pour renforcer le contrôle et la présence d’Israël en Cisjordanie tout en s’opposant à l’idée d’un État palestinien. Il a été sanctionné par la Grande-Bretagne, la France et par d’autres pays qui l’accusent d’inciter à la violence contre les Palestiniens.

Les Palestiniens souhaitent que la Cisjordanie fasse partie de leur futur État indépendant comprenant Jérusalem-Est et Gaza.

Environ un demi-million d’Israéliens vivent en Cisjordanie, parmi environ 3 millions de Palestiniens.

L’administration du président américain Donald Trump s’est montrée bien moins critique à l’égard de l’expansion rapide des implantations israéliennes que cela avait pu être le cas des administrations américaines précédentes.

Un soldat israélien montant la garde lors de la cérémonie d’inauguration de l’implantation nouvellement légalisée de Yatziv, près de la ville de Beit Sahour, en Cisjordanie, le 19 janvier 2026. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Toutefois, Trump a fait savoir, au mois de septembre dernier, qu’il ne permettrait pas à Israël d’annexer la Cisjordanie, ce qui a provoqué la colère de certains législateurs israéliens de droite. Les Émirats arabes unis, l’un des rares États arabes à entretenir des relations officielles avec Israël, ont également mis en garde publiquement le gouvernement israélien contre toute annexion.

Condamnant l’annonce de mercredi, le bureau du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a averti que les politiques « provocatrices » d’Israël poussaient la région vers de nouvelles vagues de violence et il a appelé les États-Unis à mettre un terme à la « folie » israélienne.

Le 19 mai, Smotrich a dit qu’il mènerait une « guerre » contre l’Autorité palestinienne, qui exerce un pouvoir civil limité en Cisjordanie, après avoir affirmé qu’il lui avait été dit, à titre confidentiel, que le procureur de la Cour pénale internationale avait demandé son arrestation. La CPI n’a pas confirmé cette information.

read more:
comments