La cyberlicorne israélienne Cyera viserait une valorisation de 9 Mds de dollars
La start-up de sécurité des données serait en train de lever 400 millions de dollars lors d’un tour mené par Blackstone, six mois après une valorisation de 6 milliards
Selon une source proche du dossier, Cyera, une start-up israélienne qui développe une plateforme de sécurité des données basée sur l’intelligence artificielle (IA), est en train de lever 400 millions de dollars lors d’un tour de table mené par le gestionnaire d’actifs alternatifs new-yorkais Blackstone, une opération qui valoriserait l’entreprise à 9 milliards de dollars.
Le Wall Street Journal a été le premier à rapporter l’information. Cet investissement intervient six mois seulement après une levée de fonds de 540 millions de dollars réalisée en juin, qui avait porté la valorisation de Cyera à 6 milliards de dollars. La société avait déjà levé 300 millions de dollars en novembre 2024, pour une valorisation de 3 milliards de dollars.
Quatre ans après sa création, la start-up aurait ainsi levé environ 1,7 milliard de dollars auprès d’investisseurs internationaux et israéliens, parmi lesquels Accel, Coatue, Cyberstarts, Georgian, Lightspeed et Sequoia. Cyera et Blackstone ont refusé de commenter lorsqu’ils ont été contactés par le Times of Israel.
Cyera a été fondée en 2021 par Yotam Segev, directeur général, et Tamar Bar-Ilan, directrice technique. Les deux fondateurs se sont rencontrés lors de leur service militaire, au cours duquel ils ont créé et dirigé la division de sécurité cloud de l’unité 8200, l’unité d’élite du renseignement militaire israélien.
Confrontés aux défis liés à la sécurisation des données dans le cloud, Segev et Bar-Ilan ont décidé, après leur service militaire, de concevoir une plateforme unifiée de sécurité des données, destinée à offrir aux entreprises et aux organisations une visibilité complète sur l’emplacement de leurs données, leur utilisation et les moyens de les protéger.
La plateforme permet aux entreprises d’éliminer les angles morts, de réduire le bruit lié aux alertes de menaces et de protéger les informations sensibles dispersées dans leurs environnements cloud, leurs applications SaaS (Software as a Service), leurs bases de données et leurs applications, à mesure qu’elles adoptent un nombre croissant d’outils d’IA.
L’adoption rapide des applications d’IA par les entreprises et les organisations a renforcé l’urgence de sécuriser les données les plus sensibles. Les cyberattaques gagnent en sophistication, les acteurs malveillants exploitant eux aussi l’IA pour contourner les défenses traditionnelles et tirer parti des vulnérabilités des systèmes de données et de cloud.
Ce nouveau vote de confiance intervient alors que le secteur israélien de la cybersécurité a de nouveau dépassé les prévisions en 2025, attirant 4,4 milliards de dollars d’investissements, contre 4 milliards l’année précédente. Cela s’est produit alors même qu’Israël faisait face à une guerre sur plusieurs fronts depuis deux ans contre des groupes terroristes, notamment le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban, soutenus par la République islamique d’Iran, ainsi que contre le régime iranien et d’autres mandataires.
Depuis la fin de l’année 2023, de nombreuses start-ups israéliennes spécialisées dans la cyber-sécurité ont été rachetées par des géants technologiques mondiaux ou par des acteurs locaux, cherchant à répondre à la demande croissante des entreprises et des gouvernements en solutions de cybersécurité.
Plus récemment, Google a racheté la licorne israélienne de la cybersécurité Wiz pour 32 milliards de dollars, la plus importante transaction jamais réalisée pour une entreprise fondée en Israël.