La famille de Sudthisak Rinthalak, otage tué, attend le retour de sa dépouille en Thaïlande

Ses proches vont organiser une cérémonie bouddhiste destinée à apaiser son âme ; ils déplorent de n'avoir pas pu l'aider et mettent en garde les autres Thaïlandais qui cherchent du travail à l'étranger

Sudthisak Rinthalak (Crédit : Autorisation)

NONG KHAI, Thaïlande — Deux ans après que le travailleur thaïlandais Sudthisak Rinthalak a été tué par des terroristes du Hamas dans le sud d’Israël – son corps sans vie avait été ensuite pris en otage à Gaza – sa famille, qui vit dans le nord-est de la Thaïlande, se prépare à accueillir sa dépouille et à organiser une cérémonie bouddhiste qui, selon elle, apportera la paix à son âme.

La dépouille de Sudthisak a fait partie des 27 corps sans vie de captifs qui ont été restitués par le Hamas, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu actuel. Le rapatriement en Israël des otages décédés avait été considéré comme une condition déterminante de la phase initiale de l’accord qui a visé à mettre un terme à la guerre à Gaza.

Il ne reste qu’une seule dépouille entre les mains des terroristes palestiniens de la bande : celle du sergent-chef Ran Gvili, 24 ans.

Le frère aîné de Sudthisak, Thepporn, a passé les deux dernières années à tenir les promesses qu’il avait faites à son cadet, utilisant l’argent issu des indemnisations pour construire une nouvelle maison, acheter une camionnette pour ses parents âgés et pour agrandir la plantation familiale de caoutchouc.

Mais cet agriculteur de 50 ans a affirmé qu’en l’absence de son frère, rien de tout cela n’avait plus d’importance.

« Tout a été fait mais celui pour qui j’ai fait tout cela n’est pas là », a déploré Thepporn, marchant dans cette plantation de caoutchouc située dans la province de Nong Khai, près de la frontière avec le Laos.

Israël a identifié la dépouille de Sudthisak dans la journée de jeudi – après que le Hamas a remis son corps sans vie dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu. Cet ouvrier agricole de 44 ans avait été capturé et tué par le Hamas au kibboutz Beeri, lors du pogrom du 7 octobre qui avait déclenché la guerre à Gaza, et son corps sans vie avait été emmené au sein de l’enclave.

La dernière image de Suthisak qui a été reçue par sa famille a été extraite d’une vidéo envoyée par des amis. Sur la photo, il gît face contre terre, des terroristes pointant leurs armes sur lui.

« Je suis triste parce que je n’ai rien pu faire pour l’aider », s’est exclamé Thepporn. « Je n’ai rien pu faire quand je l’ai vu de mes propres yeux. Il se cachait là, derrière un cadre en bois, et eux, ils pointaient leurs armes sur lui. »

Des membres du Jihad islamique et du Hamas se tiennent à côté d’un sac mortuaire blanc contenant la dépouille de l’otage Sudthisak Rinthalak dans la ville de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 3 décembre 2025. (Crédit : AFP)

Pendant des mois, la famille a attendu, espérant que Sudthisak serait parmi ceux qui seraient libérés vivants. Chaque fois, la déception a été au rendez-vous.

« Chaque fois qu’il y avait une libération d’otages, il n’était jamais inclus », a déclaré Thepporn.

Sudthisak était parti en Israël pour gagner de l’argent afin de subvenir aux besoins de son père, Thongma, 77 ans, et de sa mère, On, 80 ans, qui vivent dans une communauté agricole d’où les jeunes partent souvent travailler à l’étranger.

Sa belle-sœur, Boonma Butrasri, a essuyé ses larmes en parlant de la perte subie par la famille.

« Je ne veux pas qu’il y ait la guerre. Je ne veux pas du tout de ça », a-t-elle indiqué.

Avant le conflit, environ 30 000 travailleurs thaïlandais travaillaient dans le secteur agricole israélien, ce qui faisait des Thaïlandais l’un des plus grands groupes d’ouvriers migrants dans le pays.

Thepporn a noté que la mort de son frère servait d’avertissement aux autres travailleurs thaïlandais qui envisagent de travailler à l’étranger.

« Je veux juste dire au monde entier qu’il faut bien réfléchir avant d’envoyer sa famille à l’étranger », a-t-il souligné. « Vérifiez quels pays sont en guerre ou non, et réfléchissez bien ».

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