La fille d’un couple assassiné le 7-Octobre accuse le gouvernement de “profaner nos morts”
Des manifestations anti-gouvernement ont lieu à travers le pays, dénonçant l'absence d'enquête sur le pogrom ainsi que les exemptions militaires accordées aux Haredim et les violences commises par des extrémistes juifs
Des manifestations hebdomadaires anti-gouvernement et de gauche ont eu lieu samedi soir dans plusieurs villes du pays pour dénoncer les politiques du gouvernement concernant les exemptions militaires accordées aux Haredim, les violences commises par les résidents d’implantations, l’absence d’enquête sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et bien d’autres sujets encore. Des centaines de personnes ont participé au rassemblement principal sur la Place Habima, à Tel Aviv.
Shir Matias, dont les parents, Deborah (Shachar) et Shlomi, ont été tués alors qu’ils protégeaient son frère Rotem dans leur domicile du kibboutz Holit, lors de l’assaut barbare et sanglant mené par le Hamas, a accusé le gouvernement d’avoir « violé le contrat le plus fondamental entre l’État et le citoyen » en omettant d’enquêter sur cette débâcle sécuritaire et en cherchant à codifier l’exemption des Haredim du service militaire.
« Une grande partie de la population porte l’intégralité du fardeau [surnom du service militaire en Israël], tandis qu’une autre en est exemptée », a-t-elle déclaré aux quelque 300 personnes présentes.
« Les droits et les devoirs sont attribués pour des raisons politiques et non pour le bien commun. »
Le gouvernement « profane la mémoire de nos morts, ignore nos souffrances et se dérobe à la mise en place d’une commission d’enquête nationale » sur l’attaque du Hamas, a-t-elle ajouté.
« Tous ceux qui tenaient les rênes du pouvoir le 7-Octobre doivent partir », a-t-elle déclaré.
« La responsabilité ne peut pas être un mot tabou dans un État qui souhaite continuer d’exister. »
S’adressant aux électeurs du Likud et de Shas, le général de division (à la retraite) Yom Tov Samia a affirmé lors du rassemblement que le gouvernement avait trahi ses propres valeurs de droite en matière de conscription des Haredim.
« Mais comment diable la droite peut-elle subventionner les réfractaires à la conscription aux dépens des soldats de combat ? », a-t-il demandé.
Le gouvernement n’est pas non plus parvenu à vaincre le Hamas, qui « ne rendra pas les armes », malgré la signature cette semaine d’un accord en ce sens, a affirmé Samia.
L’ancien général a déclaré qu’il ne pouvait lui-même « être soupçonné » d’animosité à l’égard de la tradition juive, car il a grandi dans une famille juive libyenne traditionnelle et a fondé une synagogue comptant 400 membres.
Samia s’est également insurgé contre ce qu’il a qualifié de « tentatives de l’associer » au « deuxième Israël », une expression inventée par le commentateur pro-gouvernement Avishaï Ben Haïm pour désigner principalement les Juifs séfarades défavorisés qui soutiennent le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le parti séfarade haredi Shas.
« Je ne connais qu’un seul Israël », a déclaré Samia, appelant « mes partenaires de la tradition juive » au sein de Shas et du Likud de Netanyahu à « cesser de voter pour ce gouvernement de la débâcle ».
Des rassemblements ont également eu lieu dans diverses localités du nord, notamment à Haïfa, où certains manifestants ont bloqué des routes. Des manifestations ont également eu lieu à Modiin.