La France insoumise fait bloc derrière Rima Hassan, poursuivie pour apologie du terrorisme

Jean-Luc Mélenchon et plusieurs responsables insoumis ont dénoncé les réquisitions contre l’eurodéputée

Rima Hassan, eurodéputée, lors d'une séance au Parlement européen, à Strasbourg, le 6 octobre 2026. (Crédit : Jean-Christophe Verhaegen/AFP)

Rima Hassan est poursuivie pour un message publié le 26 mars 2026 sur X, dans lequel elle relayait une citation attribuée à Kozo Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise et l’un des auteurs de l’attentat de l’aéroport de Tel Aviv, qui a fait 26 morts et plus de 80 blessés, en 1972.

« Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir », pouvait-on lire dans cette publication, depuis supprimée. Le parquet estime que le message présentait l’auteur de l’attentat sous un jour héroïque. Il a requis, le 20 octobre, dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre l’eurodéputée de La France insoumise (LFI). Le tribunal doit rendre sa décision le 30 novembre.

Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi sur X à cette réquisition, accusant la « macronie » de sombrer dans « la honte de tous les abus de pouvoir et de la servilité devant les demandes de Netanyahu ». Un message qui, non seulement nie le caractère problématique du tweet de Rima Hassan, mais qui suggère aussi une double subordination : celle de la justice au pouvoir français, et celle du pouvoir français au gouvernement israélien…

Manon Aubry, eurodéputée insoumise, a elle dénoncé une « peine insensée », affirmant que les plaintes à répétition visant sa collègue cherchaient à la faire taire. « Personne ne musellera les voix de la paix », a-t-elle écrit alors que sa collègue a défendu un terroriste ayant du sang sur les mains.

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a lui comparé les réquisitions à la peine prononcée contre Marine Le Pen en juillet pour détournement de fonds publics européens. « En France, si tu voles 4 millions d’euros, tu écopes de 15 mois d’inéligibilité et tu peux te présenter à la présidentielle. Mais pour un tweet supprimé, le procureur demande deux ans d’inéligibilité. Tout va bien », a-t-il ironisé.

Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, a lui aussi apporté son soutien à l’eurodéputée, qualifiant le procès de « politique ». Il a rappelé que cinq rapporteurs de l’ONU avaient alerté en août sur un possible « harcèlement politique et judiciaire » à son encontre. Il a répété son « intégral soutien » à Rima Hassan à l’antenne de France Inter, dénonçant aussi, par la même occasion, une « situation génocidaire » à Gaza.

La défense de Rima Hassan conteste l’interprétation du parquet et dénonce une procédure qui viserait, selon eux, à réduire au silence une élue en raison de ses positions sur la cause palestinienne.

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