La France récupère un rare tableau témoin des camps de travail sous l’Occupation

Jecheskiel David Kirszenbaum, formé au Bauhaus de Weimar, auprès de Paul Klee et Wassily Kandinsky, a assisté à la destruction d’une grande partie de ses œuvres sous le nazisme à Berlin

Jesekiel David Kirszenbaum, autoportrait 1925, . (Domaine public //commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=157419276)

Un tableau disparu de l’artiste polonais juif Jecheskiel David Kirszenbaum, rare témoignage des camps de travail français sous l’Occupation, est restitué jeudi à la France via le Centre national des arts plastiques (Cnap), annonce cet opérateur du ministère de la Culture.

Intitulé « Les Internés de Saint-Sauveur » (1941), le tableau, « recherché depuis des années, a pu être localisé à Salzbourg au musée d’art de la génération perdue (Museum Kunst der Verlorenen Generation) qui a souhaité le restituer à l’Etat français », précise le Cnap dans un communiqué.

Il « sera exposé au musée de Salzbourg pendant cinq ans avant de trouver un nouveau lieu de présentation » en France, ajoute-t-il.

Jecheskiel David Kirszenbaum (1900-1954), formé au Bauhaus de Weimar, auprès de Paul Klee et Wassily Kandinsky, a assisté à la destruction d’une grande partie de ses œuvres sous le nazisme à Berlin, selon le Cnap.

Réfugié en 1933 à Paris, il a de nouveau vu son atelier pillé. Son épouse a été déportée et est morte à Auschwitz, comme les membres de sa famille restés en Pologne.

Le peintre a été « interné dans plusieurs camps de travail français, dont celui de Saint-Sauveur près de Bellac (Haute-Vienne), auquel fait directement écho la toile », un paysage enneigé du camp, précise le Cnap.

L’Etat français a acquis en 1946 le tableau, qui a été déposé à l’ambassade de France à Bucarest, où il a disparu.

Le Cnap a retrouvé sa trace dans une vente parisienne organisée en 2022, au cours de laquelle le tableau a été acquis par le Museum Kunst der Verlorenen Generation. Il a depuis été identifié comme propriété de l’Etat français.

Après la guerre, Jecheskiel David Kirszenbaum a vécu encore en France où il est mort en 1954. Son œuvre, longtemps méconnue, a été redécouverte grâce aux recherches entreprises par ses descendants, Nathan et Amos Diament.

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