La France soutient désormais l’inscription du CGRI sur la liste UE des organisations terroristes
L'Italie va proposer aux 27 d'ajouter le bras armé du régime iranien à cette liste ; le soutien français pourrait peser lors de la prise de décision
La France soutient l’inscription du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien sur la liste européenne des organisations terroristes, a annoncé mercredi l’Elysée.
Le bras armé idéologique de la République islamique d’Iran est accusé par les organisations de droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui secoue le pays, faisant des milliers de morts.
Jeudi, l’Italie proposera aux autres pays de l’Union européenne (UE) d’ajouter le CGRI à cette liste. Le soutien français pourrait peser lors de la prise de décision.
L’Iran a mis en garde contre des « conséquences destructrices » si l’UE décidait de cette inscription.
« L’insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse », a affirmé sur le réseau social X le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
« Avec nos partenaires européens, nous prendrons demain à Bruxelles des sanctions contre les responsables de ces exactions. L’accès au territoire européen leur sera interdit et leurs actifs seront gelés », a-t-il assuré, demandant également à Téhéran de « libérer les prisonniers, mettre fin aux exécutions, lever le blocus numérique et permettre à la Mission d’établissement des faits du Conseil des droits de l’homme des Nations unies [CDH] d’enquêter sur les crimes commis en Iran ».
De nouveaux bilans font état de la répression des manifestations qui ont défié le pouvoir iranien.
Selon un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, 6 221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation.
L’ONG, qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17 000 décès potentiels supplémentaires et estime qu’au moins 42 324 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une répression qui se poursuit.
Mercredi, la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, avait assuré que la France n’avait « aucun tabou » concernant le statut du CGRI. Elle a évoqué une « répression d’une violence sans équivalent dans l’histoire contemporaine de l’Iran » à l’encontre des manifestations contre le pouvoir en janvier.
Mercredi, Donald Trump a averti que « le temps était compté » avant une attaque contre l’Iran, secoué par un vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang.
Téhéran a menacé de répondre « comme jamais » en cas d’opération américaine.