La guerre en Iran ayant gelé les négociations sur le désarmement, le plan Trump pour Gaza serait mis entre parenthèses – sources

Le Hamas aurait dû voir les médiateurs le 28 février dernier, notamment au sujet du désarmement. Il n'y a pas eu de nouvelle date de fixée

Le président Donald Trump brandissant la charte lors d'une cérémonie de signature dans le cadre de son initiative « Conseil de Paix » lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2026. (Crédit : Markus Schreiber/AP)

Reuters — Les pourparlers destinés à préparer la mise en oeuvre du projet Trump pour la fin de la guerre à Gaza ont été suspendus la semaine dernière, lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué ensemble l’Iran, ce qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient, ont indiqué trois sources impliquées dans ces négociations.

Cette pause risque bien de ralentir la mise en œuvre de l’initiative de Trump pour la paix au Moyen-Orient, présentée comme un objectif majeur de sa politique étrangère. Il y a de cela moins d’un mois, il avait collecté des milliards de dollars de promesses de dons en faveur de Gaza de la part des monarchies arabes du Golfe – celles-là même qui font désormais l’objet d’attaques iraniennes depuis l’extension du conflit.

Le plan Trump pour Gaza repose en grande partie sur l’engagement des terroristes du Hamas à désarmer en l’échange de l’amnistie, ce qui pourrait permettre in fine la reconstruction et de nouveaux retraits militaires israéliens. Les médiateurs de la Maison-Blanche ont fait la navette entre Israël et le Hamas sur la question du désarmement.

Les négociations sur ce point – et d’autres – sont suspendues depuis que la guerre en Iran a commencé, le 28 février dernier, expliquent les trois sources qui témoignent sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible de la question. C’est la première fois que l’on parle d’une pause dans les négociations sur le désarmement.

Selon Zaha Hassan, de la Carnegie Endowment for International Peace, dont le siège se trouve à Washington, des pays comme les Émirats arabes unis ou le Qatar, qui ont promis des fonds au Conseil de la paix de Trump, pourraient se demander si c’est « de l’argent bien dépensé compte tenu du fait qu’ils essuient désormais des tirs de roquettes ».

Le Hamas confirme une pause dans les négociations concernant le plan Trump

L’une des sources, qui a connaissance de première main du travail du Conseil de la paix de Trump, estime que cette pause n’est qu’un contre-temps mineur lié aux difficultés du transport aérien qui empêchent médiateurs et négociateurs de se déplacer. Jusqu’alors, les discussions ont fréquemment eu lieu au Caire.

À plus long terme, le Conseil de la paix estime que la guerre pourrait accélérer la résolution de la question du désarmement en éliminant de l’équation l’influence iranienne, qui soutient financièrement le Hamas depuis longtemps, a indiqué la source.

Selon une autre source — un responsable palestinien proche des négociations —, le Hamas devait voir les médiateurs égyptiens, qataris et turcs le jour où a débuté la guerre, mais la réunion a été annulée sine die.

Des véhicules passant devant un immense panneau d’affichage représentant le président iranien Massoud Pezeshkian (à droite) et le chef palestinien du Hamas assassiné, Ismaïl Haniyeh, sur la place Valiasr, à Téhéran, le 12 août 2024. (Crédit : Atta Kenare/ AFP)

Un responsable du Hamas a confirmé que les négociations sur le plan Trump pour Gaza étaient pour l’heure à l’arrêt, sans plus de détails.

Le gouvernement israélien n’a pas encore répondu à la demande de commentaire, tout comme la Maison-Blanche.

L’armée israélienne a limité mais pas cessé ses frappes sur Gaza depuis le début de la guerre contre l’Iran, en raison selon elle de menaces du Hamas. Les avions de chasse israéliens continuent de bombarder le régime iranien et des cibles du Hezbollah au Liban.

Selon le ministère de la Santé de Gaza dirigé par le Hamas, qui ne fait pas le distinguo entre hommes armés et civils, 16 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le 28 février dernier.

« Lorsque la guerre contre l’Iran sera terminée, (Israël) reprendra ses frappes contre nous avec la même fréquence et la même violence », témoigne Talal Hamouda, 46 ans, qui vit à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, avec sa femme et ses cinq enfants.

Le Hamas, pour sa part, continue d’affermir son emprise sur les secteurs qu’il contrôle à Gaza depuis le début de la guerre. Selon des sources proches du groupe, ces derniers jours, des hommes armés du Hamas ont tendu une embuscade à plusieurs membres de gangs soutenus par Israël dans le nord et le sud de Gaza, ce qui a fait au moins deux morts.

Inquiétude face à une éventuelle attaque contre une base dirigée par les États-Unis en Israël

Le plan Trump pour Gaza a commencé par un cessez-le-feu, en octobre dernier, qui a permis la libération des derniers otages et laissé à Israël le contrôle de plus de la moitié du territoire, le reste allant au Hamas.

L’initiative de paix donnait des signes de progrès, dans le mois qui a précédé la guerre contre l’Iran, notamment en ce qui concerne la réouverture du poste-frontière de Gaza avec l’Égypte et de nouveaux projets de reconstruction.

L’essentiel des travaux de coordination multinationale au sujet de Gaza se font depuis un complexe militaire dirigé par les États-Unis dans le sud d’Israël. Selon des diplomates étrangers dépêchés sur place, l’élan semble retomber depuis le début de la guerre en Iran.

Des personnels travaillent dans le Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) dirigé par les États-Unis, à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, le 19 novembre 2025. (Ahikam Seri / AFP)

Trois diplomates expliquent que le Centre de coordination civilo-militaire a réduit ses activités au niveau minimal dès le début de la guerre, de crainte qu’il soit pris pour cible par des missiles iraniens.

Ces diplomates ajoutent que les hauts responsables américains semblent plus concentrés sur la guerre en Iran que sur Gaza, qui serait passé en second plan. Pour autant, les négociations continuent d’avancer au niveau opérationnel dans l’espoir que le plan reprenne de plus belle une fois la guerre terminée.

Selon Natan Sachs, chercheur principal à l’Institut du Moyen-Orient basé à Washington, « seule une attention soutenue de la part de l’administration Trump est capable de faire que le plan reste sur les rails — or, le risque est justement que la guerre contre l’Iran le fasse dérailler. »

« À défaut, les objectifs divergents des deux parties en conflit pourraient facilement conduire à des résultats très différents, voire à une reprise des combats. »

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