La guerre en Iran déclenche une vague de répression contre des religieux au Bahreïn

Les autorités de ce petit État du Golfe accusent ces religieux d’encourager la loyauté envers Téhéran sur le territoire national

Des voitures passent devant un panneau publicitaire alors que le Secrétaire d'État américain Marco Rubio est en visite dans le pays pour discuter d'un accord provisoire entre les États-Unis et l'Iran avec les alliés arabes du Golfe, à Manama, au Bahreïn, ce jeudi 25 juin 2026. (Eric Lee/Photo Pool via AP)

Ébranlées par la précision des attaques iraniennes contre Bahreïn et par le soutien dont ces dernières bénéficient auprès d’une partie de la population bahreïnienne, les autorités de cette nation insulaire du Golfe ont lancé une vague de répression à l’encontre des religieux chiites, qu’elles accusent d’encourager la loyauté envers Téhéran sur le territoire national.

Les responsables bahreïniens ont présenté cette mesure comme une question existentielle. Selon eux, l’Iran cherche à saper, puis à renverser, le pouvoir de la seule nation du Golfe dirigée par une famille sunnite mais dont la population est majoritairement chiite.

Les détracteurs, notamment les organisations de défense des droits de l’Homme, estiment que les arrestations et la déchéance de nationalité de 69 citoyens d’origine iranienne constituent un nouveau coup porté à la liberté d’expression et à la liberté religieuse, dans un État qui a réprimé les manifestations pro-démocratiques du Printemps arabe en 2011.

« Nous sommes face à une idéologie qui exige l’obéissance à la puissance iranienne au-delà de l’autorité souveraine du Bahreïn », a déclaré à Reuters, lors d’un entretien, le général Tariq Al Hassan, chef de l’Agence de sécurité publique du Bahreïn chargée de la sécurité intérieure.

Cette répression illustre à quel point la guerre contre l’Iran a déstabilisé les États de la région alliés aux États-Unis, qui n’ont pas soutenu ce conflit mais qui ont subi de plein fouet les représailles iraniennes.

Dans le cas du Bahreïn, cette situation a renversé la tendance à la détente interne et régionale.

Le gouvernement avait libéré en 2024, sur décision royale, des centaines de prisonniers incarcérés pour leurs activités politiques, ont indiqué des organisations de défense des droits de l’Homme. La même année, le Bahreïn et l’Iran avaient entamé des pourparlers en vue de rétablir leurs relations diplomatiques, interrompues depuis 2016.

Aujourd’hui, les divisions se creusent, notamment auprès de certains musulmans chiites du pays qui affirment être opprimés en raison de leurs croyances.

« Ils s’en prennent directement aux chiites du pays et à quiconque critique les Américains ou les Israéliens pour la guerre qu’ils ont déclenchée », a expliqué un proche de l’un des religieux jugés, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour assurer sa sécurité.

Le Bahreïn nie s’en prendre à ses ressortissants chiites, « dont la plupart sont des citoyens loyaux et respectueux des lois », a affirmé Al Hassan.

Le verdict dans cette affaire est attendu le 8 novembre. Le royaume se prépare à d’éventuelles manifestations.

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