La Haute Cour décide de réglementer les « produits chimiques éternels »
Le ministère de la Protection environnementale a diffusé un plan visant à limiter la production, le commerce et l'utilisation des polluants organiques persistants présents dans les pesticides, les retardateurs de flamme, etc...
Le ministère de l’Environnement a diffusé mercredi des mesures de réglementation qui visent à limiter la production, le commerce et l’utilisation des « produits chimiques éternels », ces polluants toxiques connus pour ne pas se dégrader et qui finissent par pénétrer dans l’environnement et dans le corps des êtres vivants.
Ces substances chimiques se trouvent principalement dans les pesticides, mais aussi dans les retardateurs de flamme, dans les adhésifs industriels et dans les matériaux utilisés dans les industries du plastique et du textile – comme c’est le cas, par exemple, des tissus imperméables et des emballages alimentaires.
Ces réglementations – qui sont soumises à l’avis du public jusqu’au 17 août – arrivent dans le sillage d’une action en justice qui avait été intentée par Adam Teva VDin. Cette organisation de défense de l’environnement avait saisi la Haute Cour de justice en 2022 pour obliger le ministère à réglementer ces substances chimiques, et la Cour avait demandé au ministère de faire le point sur la question avant le 24 septembre.
Le ministère a déclaré que ces substances, des polluants organiques persistants de la famille des PFAS, présentent « un risque particulièrement élevé pour la santé publique » et que « l’exposition prolongée à ces substances peut provoquer des cancers, des lésions du système nerveux, des malformations congénitales, des lésions du système hormonal et autres ».
Le ministère a ajouté que « outre le risque pour la santé publique, l’environnement subit également de graves dommages. Les substances ne se décomposent pas, elles s’accumulent dans les eaux souterraines, dans le sol, dans l’air et dans les tissus adipeux des animaux et des êtres humains, et elles ont la capacité de migrer sur de grandes distances à partir de la source de contamination ».
Un rapport qui avait été diffusé par l’Autorité de l’eau au mois de février avait révélé « une présence significative et généralisée de ces contaminants dans les sources et tout au long de la chaîne d’utilisation de l’eau », dans les eaux souterraines, les puits de production d’eau potable, les eaux usées, les eaux de ruissellement et les eaux d’irrigation.
Le rapport indiquait que la contamination par les PFAS avait été détectée dans les eaux souterraines qui circulent sous 22 sites industriels en Israël, sous des réservoirs de carburant, sous des aéroports ou sous des usines industrielles.
L’année prochaine, une nouvelle limite de 0,1 microgramme par litre sera mise en œuvre concernant 20 composés PFAS.
Des concentrations plus de 1 000 fois supérieures ont été détectées dans sept sites de nappes phréatiques. Sur onze de ces sites, les concentrations étaient plus de 100 fois supérieures.
Des composés PFAS ont été détectés dans 74 des 465 puits qui sont actuellement principalement utilisés à des fins d’approvisionnement en eau potable. Les concentrations étaient supérieures à la nouvelle norme concernant 27 d’entre eux.
Plus de 170 réservoirs d’irrigation ont également été examinés, la majorité d’entre eux contenant des eaux usées qui sont utilisées pour irriguer les champs agricoles. Des contaminants PFAS ont été détectés dans 70 % des réservoirs, avec des niveaux dépassant la nouvelle norme dans 10 % des cas.
En 2001, Israël avait signé la convention de Stockholm, qui visait à limiter la production et l’utilisation des polluants organiques persistants. Cette réglementation constitue une première étape vers la ratification de la convention.
« C’est une étape importante sur la voie de la suppression de l’utilisation de ces produits chimiques et de l’arrêt de cette terrible pollution qui porte atteinte à la santé de chacun d’entre nous », ont indiqué dans un communiqué Meirav Abadi, qui contrôle l’économie et la réglementation au sein d’Adam Teva VDin, et Bar Rozov, directeur du service juridique de l’organisation.
« Nous continuerons à œuvrer pour nous assurer que les règlements sont établis et mis en œuvre, ainsi que pour nettoyer et purifier les sources contaminées. »
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