La Jordanie furieuse face au refus israélien de renouveler un accord sur l’eau – média

Un accord conclu en 2021 avait doublé le volume initial de 50 millions de mètres cubes par an qui avait été prévu dans le traité de paix de 1994 ; cette augmentation avait été renouvelée à plusieurs reprises jusqu'au mois de novembre dernier

Cette photo montre une vue du réservoir du barrage Mujib, la principale source d'approvisionnement en eau d'Amman, dans le gouvernorat de Madaba, à environ 100 kilomètres au nord de la capitale jordanienne, le 20 avril 2021. (Khalil MAZRAAWI / AFP / File)

La Jordanie est furieuse face au refus persistant d’Israël de renouveler un accord sur l’eau qui avait été conclu en 2021 entre les deux pays, a rapporté lundi la chaîne publique Kan.

Le traité de paix entre Israël et la Jordanie, qui avait été signé en 1994, stipulait que Jérusalem était dans l’obligation de fournir 50 millions de mètres cubes d’eau par an à Amman. En 2021, sous le gouvernement qui était alors dirigé par Naftali Bennett et par Yair Lapid, Israël avait accepté de multiplier par deux la quantité d’eau douce offerte à la Jordanie, l’un des pays les plus touchés dans le monde par un manque d’eau criant.

L’accord de 2021 a finalement expiré après une série de prolongations à la fin de l’année 2025 – même si Israël a continué de fournir les 50 millions de mètres cubes initialement prévus par le traité de paix. Israël a, semble-t-il, subordonné l’approvisionnement de cette eau supplémentaire à un assouplissement de la rhétorique employée par la Jordanie à l’égard de l’État juif et au rétablissement de relations diplomatiques complètes entre les deux nations voisines.

Une source jordanienne proche de la famille royale a expliqué à la chaîne que « le problème de l’eau est très important pour nous et il fait partie intégrante du traité de paix ».

Le roi Abdallah II de Jordanie a rejeté les demandes répétées du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui cherchait à mettre en place une rencontre entre les deux dirigeants, au mois de mars dernier, ont noté les médias israéliens. L’une des conditions posées par Abdallah pour accepter un tel entretien était le renouvellement de l’accord sur l’eau, a fait remarquer la chaîne Kan.

Le ministre de l’Énergie, Eli Cohen, avait renouvelé cet accord tous les six mois – cédant apparemment aux pressions exercées par les États-Unis et parce que la Jordanie avait contribué à abattre des drones iraniens qui avaient été tirés en direction d’Israël, a rapporté le site d’information Ynet. Jérusalem s’est toutefois montrée réticente à l’idée de poursuivre cet approvisionnement face aux critiques répétées formulées par le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, à l’encontre d’Israël.

La question de l’eau fait partie des sujets qui devraient figurer à l’ordre du jour d’un éventuel sommet trilatéral sur l’énergie qui serait organisé par les Émirats arabes unis, a indiqué le site d’information Ynet.

Le ministre Jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi s’adressant aux journalistes, aux Nations unies, à New York, le 27 septembre 2024. (Crédit : Capture d’écran/X)

Israël porte un grand intérêt à ce sommet, qui aurait lieu à Abou Dhabi et qui réunirait les ministres de l’Énergie d’Israël, des Émirats arabes unis et de la Jordanie, a rapporté le média, citant un responsable israélien qui a souhaité conserver l’anonymat.

Israël n’a aucune obligation de fournir cette eau supplémentaire – mais pourrait décider de le faire s’il « y a de la bonne volonté entre les deux pays », a commenté ce responsable.

« La Jordanie a besoin d’eau, mais quand on aide un voisin, on est en droit de s’attendre à ce que les relations s’améliorent », a ajouté le responsable. « S’il y a une rencontre, tous les sujets seront abordés : la normalisation, l’eau et le renforcement des liens bilatéraux ».

Le responsable a souligné que 2025 avait été l’année la plus sèche connue par Israël depuis un siècle et que le gouvernement s’était fixé comme priorité de remplir les réservoirs d’eau du pays ainsi que d’approvisionner l’agriculture locale.

En plus de l’accord sur l’eau, des discussions porteraient également, lors du sommet, sur l’initiative dite « Prospérité », une initiative qui vise à construire une usine de dessalement destinée à fournir de l’eau potable à Israël et à la Jordanie, ainsi qu’une centrale solaire jordanienne qui alimenterait les deux pays en électricité.

Israël, la Jordanie et les Émirats arabes unis avaient signé une déclaration d’intention concernant ce projet en 2021.

S’il voit le jour, Israël fournirait à la Jordanie 200 millions de mètres cubes d’eau chaque année, tandis que la Jordanie fournirait à l’État juif 600 mégawatts d’électricité.

Des efforts seront également déployés pour rétablir les relations entre Israël et la Jordanie, qui n’ont plus d’ambassadeurs dans leurs pays respectifs depuis 2023, date à laquelle la guerre contre le Hamas à Gaza avait commencé à la suite au pogrom qu’il avait mené en Israël.

read more: