La mairie interdit dans le cadre du Lyon Antifa Fest la conférence « La Palestine: notre boussole anti-fasciste »

Le terroriste franco-palestinien Salah Hamouri devait y participer

La statue de la République, place Carnot, à Lyon. (Crédit : Jean-Louis Lascoux / CC BY-SA 3.0)

La préfecture du Rhône a annoncé mercredi l’interdiction pour des risques de « troubles à l’ordre public » de concerts de groupes aux textes hostiles à la police, prévus cette semaine lors du festival antifasciste Lyon Antifa Fest, qui se tient à Villeurbanne près de Lyon.

L’arrêté concerne plusieurs groupes de punk rock et de rap, « coutumiers de propos ‘anti-système’ et ‘anti-police’ tels que Poésie Zéro, Costa, L’Allemand, ou Da Uzi », indique l’arrêté consulté par l’AFP.

« Ce festival peut-être un catalyseur de plusieurs agissements violents et de troubles graves à l’ordre public lors d’affrontements », souligne notamment la préfecture, précisant qu’il existe « un antagonisme récurrent et violent entre la mouvance d’ultra-gauche et la mouvance d’ultra-droite ».

« Dans ces circonstances, l’interdiction des concerts des 11, 12, et 13 décembre (…) apparaît adaptée et nécessaire », souligne-t-elle.

La mairie de Lyon a de son côté pris mardi un arrêté interdisant la tenue ce mercredi dans le cadre du festival d’une conférence intitulée « La Palestine: notre boussole anti-fasciste », à laquelle devait participer notamment le terroriste palestinien Salah Hamouri, expulsé par Israël en 2022.

La mairie évoque notamment « un contexte d’augmentation significative d’actes antisémites sur le territoire » et des risques de troubles à l’ordre public.

Salah Hamouri, le 1er octobre 2020. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

« Je ne partage ni ne cautionne les paroles de certaines chansons des groupes programmés. Je comprends par ailleurs que des syndicats de policiers puissent être choqués par certains de ces propos », a réagi pour sa part le maire PS de Villeurbanne Cédric Van Styvendael dans un communiqué.

« Pour autant, ces groupes se sont produits dans différentes villes françaises ces dernières semaines, sans qu’aucun trouble à l’ordre public n’ait été constaté à l’occasion de leurs concerts », a-t-il estimé.

Ces interdictions surviennent après la diffusion de messages anti-police samedi soir à Lyon lors de la Fête des Lumières, revendiqués localement par le mouvement écologiste des Soulèvements de la Terre, et au sujet desquels la préfète a saisi la justice.

Le public avait pu lire sur la façade du musée des beaux-arts des messages lumineux qui disaient notamment « La police blesse et tue », « Non à l’État policier », « La violence policière est partout » ou encore « Sainte-Soline (mégabassines, NDLR), ni oubli, ni pardon » et « On dégage le RN ».

Interrogé mercredi à l’Assemblée notamment sur ces messages, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a prévenu que « chaque fois que ces propos comme ceux-ci sont tenus, qui sont des propos qui incitent à la haine, à la discrimination ou à la violence, nous documentons et nous préparons des dossiers de dissolution. Et aucune structure n’est au-dessus des lois ».

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