La mère d’un marine américain évacuée de Gaza avec l’aide de Trump et d’Israël

Ahlam Firwana, dont le fils sert dans la marine américaine, aurait quitté le territoire grâce à l'intervention de responsables américains, d'anciens combattants et à une pause dans les frappes de l'armée israélienne

Des personnes passent devant des tentes abritant des Gazaouis déplacés près de la mosquée Sheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, dans le complexe résidentiel Hamad City construit par le Qatar au nord-ouest de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 octobre 2025. (Crédit : Omar Al-Qattaa/ AFP)

La mère d’un membre de la marine américaine aurait été évacuée de Gaza grâce à une initiative conjointe des autorités américaines, d’anciens combattants américains et de l’armée israélienne.

Ahlam Firwana, selon un article qui a été publié mardi soir dans le Washington Post, a traversé le territoire ravagé par la guerre, de Gaza-City, au nord, jusqu’au poste-frontière de Kerem Shalom au sud, un voyage de 19 heures, le mois dernier. Elle se trouve désormais en Jordanie.

Firwana a ainsi fait partie des centaines de personnes ayant la double nationalité qui ont été évacuées de Gaza au cours des deux années de guerre – et son cas est d’autant plus rare que le président américain Donald Trump a suspendu les visas de visiteur pour les Gazaouis, au mois d’août dernier. Des milliers de Palestiniens malades et leurs soignants ont également été évacués en coordination avec Israël.

Le fils de Firwana, Younis, qui a obtenu la citoyenneté américaine grâce à son service militaire, tentait depuis un an et demi de faire sortir sa famille du nord de Gaza. Dans un appel aux dons en ligne qui avait été diffusé par son épouse, Amanda Hancock, au mois d’avril 2024, il indiquait que la maison familiale dans le secteur avait été détruite et que 19 de ses proches vivaient dans une habitation aux côtés de 50 autres personnes.

« Ils mangent désormais des graines pour oiseaux pour survivre car il ne reste pratiquement plus de nourriture dans le nord de Gaza », avait-elle écrit à l’époque. « Cela fait des mois qu’ils n’ont pas seulement vu des fruits ou des légumes. C’est dangereux pour eux de rester longtemps à l’extérieur, car c’est une zone de tir libre où des drones tuent sans avertissement. Il y a des cadavres et il y a une odeur de mort partout ».

Le Post a rapporté que Firwana avait obtenu l’autorisation nécessaire de la part des États-Unis pour que sa mère puisse entrer sur le territoire américain, mais qu’il n’avait pas trouvé le moyen de renouveler son passeport ou de la faire sortir de Gaza. Un groupe d’anciens combattants américains, la Special Operations Association of America, qui, selon le Post, a aidé plus de 1 000 personnes à quitter Gaza, a accepté de l’aider et a constitué une équipe pour coordonner l’évacuation.


L’un des membres du groupe était Steve Gabavics, qui a servi comme colonel dans l’armée américaine et qui a été chef de cabinet du coordinateur américain pour la sécurité en Israël et dans les territoires palestiniens de 2001 à 2004. Il raconte avoir contacté des interlocuteurs en Israël, notamment au sein de l’armée israélienne, du Shin Bet et du Mossad, afin de garantir une « zone de sécurité » autour de Firwana et de s’assurer que son emplacement ne serait pas pris pour cible lors d’une frappe.

Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires et le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ainsi que la Maison Blanche et le département d’État américain, n’ont pas répondu aux demandes de commentaires du Post.

Le groupe d’anciens combattants aurait également sollicité l’aide de Morgan Ortagus, envoyé spécial adjoint de la Maison Blanche au Moyen-Orient, qui les a mis en contact avec l’ambassade américaine à Amman, en Jordanie. La Jordanie a obtenu l’autorisation pour Firwana d’entrer dans le pays.

« L’équipe de l’ambassade de Jordanie s’est surpassée pour aider la mère d’un militaire américain à sortir de Gaza en toute sécurité », a déclaré un responsable américain anonyme au Post. « C’est un exemple du travail héroïque que nos agents du service diplomatique accomplissent chaque jour dans le monde entier ».

Le colonel Steve Gabavics s’adresse à des soldats en 2018. (Crédit: Armée de réserve/Therell Frett/JDG COMCAM/Wikimedia Commons)

Au départ, le groupe d’anciens combattants avait fait un don de 10 000 dollars pour louer un moyen de transport pour assurer le déplacement de Firwana à travers l’enclave, mais l’ordre donné par Israël à tous les civils d’évacuer Gaza-City avant l’offensive majeure de l’armée israélienne avait compliqué ce projet. À la place, un autre fils de Firwana a obtenu un véhicule, selon le Post, et l’a conduite. Les routes étant encombrées, elle a parcouru les 15 derniers kilomètres à pied.

Elle se trouve actuellement en Jordanie, où elle attend l’approbation de son visa. Son fils Younis est reconnaissant qu’elle soit en sécurité. Il a expliqué au Post : « Cela signifie beaucoup pour moi que ces personnes se soucient de ma famille ».

Mais il a également dit espérer que les États-Unis redoubleront d’efforts pour évacuer les civils.

« Les États-Unis devraient en faire plus », a-t-il dit, selon le Post.

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