La Norvège ne rejoindra pas le « Conseil de Paix » de Trump

La Chine a indiqué avoir été invitée à rejoindre l'organe international de surveillance de Gaza, mais n'a pas précisé si Pékin comptait répondre favorablement à cette invitation

Le président américain Donald Trump lors du Sommet international pour la paix à Gaza, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (Crédit : Yoan Valat, Pool via AP)

La Norvège, dont les relations se sont nettement dégradées avec Donald Trump, irrité de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix, ne participera pas au « Conseil de Paix » proposé par le président américain, a annoncé mercredi le cabinet du Premier ministre.

« La proposition américaine soulève un certain nombre de questions qui nécessitent un dialogue plus approfondi avec les États-Unis », a déclaré le secrétaire d’État auprès du Premier ministre, Kristoffer Thoner, dans un message transmis à l’AFP.

« La Norvège ne se joindra donc pas aux dispositions proposées pour le Conseil de Paix et ne participera pas à la cérémonie de signature à Davos », a-t-il ajouté.

La Norvège est un fervent défenseur du multilatéralisme, en particulier au sein des structures de l’ONU, et intervient fréquemment comme médiatrice dans les conflits.

« Pour la Norvège, il est important que cette proposition s’inscrive dans le cadre des structures existantes, telles que l’ONU, et de nos engagements internationaux », a précisé Thoner.

Le responsable norvégien a souligné que son pays « partage l’objectif du président Trump d’instaurer une paix durable en Ukraine, à Gaza et dans d’autres régions ».

La lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, souriant lors d’une conférence de presse organisée au Grand Hôtel d’Oslo, en Norvège, le 11 décembre 2025. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

« La Norvège poursuivra sa coopération étroite avec les États-Unis et d’autres partenaires en faveur de la paix. »

Cette décision intervient alors que Trump avait déclaré lundi qu’il ne se sentait plus obligé de penser « uniquement à la paix » faute d’avoir obtenu le prix Nobel.

La Chine avait indiqué la veille avoir été invitée par les États-Unis à rejoindre le « Conseil de Paix », une initiative de  Trump visant à résoudre les conflits dans le monde.

« La partie chinoise a reçu l’invitation de la partie américaine », a indiqué Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse régulière.

Il n’a pas précisé si Pékin comptait répondre favorablement à cette invitation.

La Chine apporte traditionnellement un soutien inconditionnel à l’ONU, qui comprend le Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la mission est déjà de préserver la paix et la sécurité internationales.

L’organe international de surveillance de Gaza, baptisé « Conseil de Paix » par Trump, a initialement été conçu pour superviser la reconstruction de Gaza, mais son projet de « charte » ne mentionne nullement l’enclave et lui assigne un objectif plus large : contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde.

La « charte » semble ainsi en faire un véritable substitut des Nations unies.

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le président chinois Xi Jinping se serrant la main après leur discours au sommet à l’aéroport international Gimhae Jinping, à Busan, en Corée du Sud, le 30 octobre 2025. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP Photo)

Les États candidats à un siège permanent au sein de ce conseil devront s’acquitter de « plus d’un milliard de dollars en espèces », selon la « charte » obtenue par l’AFP, qui accorde par ailleurs des pouvoirs très étendus à Trump.

De nombreux dirigeants étrangers, dont le président russe Vladimir Poutine, ont reçu une invitation à rejoindre cette nouvelle entité proposée et présidée par Trump. Mais ils n’ont pas encore annoncé s’ils accepteraient ou non.

Interrogé mardi sur la première année de la présidence actuelle de Trump, le porte-parole chinois Guo Jiakun s’est montré globalement modéré, malgré la guerre commerciale lancée l’an dernier par le locataire de la Maison Blanche.

« Les relations sino-américaines ont connu des fluctuations, mais sont parvenues à maintenir une dynamique stable dans l’ensemble. Cela correspond aux intérêts communs des peuples chinois et américain, et répond également aux attentes partagées de la communauté internationale », a déclaré Guo.

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