La peine de prison d’un homme pour vol de voitures au kibboutz Beeri après le 7-Octobre alourdie
Selon le tribunal, les infractions commises par Guy Haddad « ne peuvent être dissociées des circonstances dans lesquelles elles ont été commises », notamment des lieux - une zone militaire fermée
Le tribunal de Beer Sheva a relevé à 7 ans et demi la peine de prison infligée à un homme qui avait été reconnu coupable d’avoir profité de son statut de dépanneur bénévole pour voler cinq véhicules civils qui avaient été abandonnés au kibboutz Beeri, quelques jours après que celui-ci a été ravagé par l’attaque perpétrée par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Cet homme, Guy Haddad, était à la tête d’une entreprise de remorquage basée à Rishon Lezion, qui proposait bénévolement ses services aux forces de sécurité. Haddad bénéficiait ainsi d’un accès privilégié à la zone militaire fermée que l’armée israélienne avait instaurée autour du kibboutz.
L’année dernière, le tribunal de Beer Sheva avait reconnu Haddad coupable de complot en vue de commettre un crime ainsi que de cinq chefs d’accusation de vol de voiture, et il l’avait condamné à 5 ans et demi de prison sur la base d’un précédent juridique établissant une peine d’environ un an par chef d’accusation de vol de voiture.
Le parquet du district sud et Haddad avaient tous les deux fait appel de ce jugement. Les procureurs avaient estimé que la peine n’était pas à la mesure de la gravité des faits, tandis que Haddad avait contesté les déclarations qui avaient été faites par un témoin clé.
La juridiction supérieure a finalement retenu les arguments des procureurs et rejeté ceux de Haddad.
La Cour d’appel a estimé que les infractions commises par Haddad « ne sont pas des délits “classiques” de vol de voiture » et qu’elles « ne sauraient être dissociées des circonstances dans lesquelles elles ont été commises ».
« Dans notre affaire, quelques jours seulement après les événements du 7 octobre 2023, alors que tout le pays était encore en état de choc, en deuil et traumatisé », Haddad « a choisi d’élaborer un plan insensé pour s’enrichir aux dépens des habitants de la zone frontalière, dont certains ont été cruellement assassinés, d’autres enlevés, et d’autres encore blessés émotionnellement et contraints de fuir leurs foyers en abandonnant leurs biens », a précisé la cour.
La cour d’appel a par ailleurs confirmé les conclusions du tribunal de première instance, notamment sa décision de condamner Haddad à payer une amende de 25 000 shekels et à verser 5 000 shekels à chacun des propriétaires de voitures.
Selon le verdict, Haddad avait donné pour instruction aux autres bénévoles qui conduisaient sa dépanneuse dans l’enceinte du kibboutz de transférer les cinq voitures vers son parking (trois le 18 octobre et deux le 19 octobre), en prétendant à tort, à ces deux occasions, que ces instructions provenaient de l’armée.
Toujours le 19 octobre, selon le jugement, Haddad avait établi un « transfert de propriété fictif » à son nom pour l’une des voitures volées la veille.
L’une des voitures récupérées le 19 octobre avait été immédiatement renvoyée dans la zone militaire fermée après que le propriétaire de ladite voiture a demandé à Haddad pourquoi le véhicule avait été remorqué. Une autre voiture avait été restituée à une date ultérieure, selon le tribunal.
Deux autres voitures avaient été transférées sur le territoire de l’Autorité palestinienne le 22 octobre – ce qui avait rendu leur restitution impossible, a souligné le tribunal.