La police a fouillé au corps trois autres femmes arrêtées lors d’une manifestation

Selon leur avocat, la fouille était illégale ; la police affirme qu'il s'agit d'une procédure habituelle ; 18 plaintes similaires ont été déposées récemment

Des manifestants bloquant une route lors d’un rassemblement contre le gouvernement, réclamant des mesures pour obtenir la libération des otages israéliens retenus depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, à Tel Aviv, le 12 août 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Selon un article du journal Haaretz publié vendredi, la police a fouillé au corps trois manifestantes après leur arrestation jeudi soir lors d’une manifestation à Tel Aviv réclamant un accord pour la libération des otages de Gaza.

Les femmes ont été arrêtées pour trouble à l’ordre public, une accusation qui ne justifie généralement pas une fouille au corps, même si la police en a le droit.

Ces femmes ont été arrêtées avec deux autres hommes qui n’ont pas été fouillés, selon le journal.

Deux des manifestantes ont déclaré avoir été contraintes de baisser leur pantalon et de soulever leur tee-shirt.

Efrat Safran, l’une des interpellées, a déclaré à Haaretz qu’on les avait averties : « Si vous résistez, nous utiliserons la force nécessaire. »

« Nous n’avions pas d’autre choix que d’obéir. »

La garde montée face aux manifestants anti-gouvernement et pro-accord pour la libération des otages, sur l’autoroute Ayalon, à Tel Aviv, le 9 août 2025. (Crédit : Yael Gadot/Mouvement de protestation pour la démocratie)

Safran a ajouté que c’était sa quatrième arrestation liée à une manifestation, mais qu’on ne lui avait jamais demandé de se déshabiller auparavant. Une autre détenue a déclaré que l’officier avait justifié cette fouille en affirmant qu’elle était nécessaire pour s’assurer qu’elle ne représentait pas un danger pour elle-même ou pour autrui.

Selon Haaretz, la police a déclaré que cette fouille était une procédure légale et habituelle, appliquée à tous les interpellés afin de les empêcher d’avoir en leur possession des objets pouvant leur nuire ou nuire à autrui dans la cellule de détention.

L’avocat des manifestantes a fait valoir que, comme ses clientes n’étaient soupçonnées que d’infractions à l’ordre public, qui ne justifient pas légalement une fouille au corps, cette procédure constituait une violation inutile de leurs droits.

Au cours du mois dernier, dix-huit plaintes ont été déposées contre la police pour des fouilles corporelles partielles de manifestants.

La semaine dernière, la chaîne N12 a rapporté que trois femmes avaient été fouillées au corps après avoir été arrêtées pour avoir bloqué une route lors d’une manifestation anti-gouvernement à Tel Aviv.

Un autre homme, arrêté pour la même raison, n’a été prié que de soulever son tee-shirt, sans être fouillé, selon la chaîne, qui a précisé que les policiers ne sont autorisés à procéder à des fouilles corporelles que s’ils ont des soupçons raisonnables qui le justifient.

La police a déclaré à la chaîne que « la fouille avait été effectuée conformément aux pouvoirs accordés aux policiers ».

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