La police et les autorités catholiques parviennent à un accord sur la prière au Saint-Sépulcre

Netanyahu a décrété un 'accès total et immédiat' pour le cardinal Pierbattista Pizzaballa - lequel s'était vu interdire, avec un autre dignitaire catholique, l'accès à un site chrétien à cause de la guerre

Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche catholique de Jérusalem, salue les chrétiens rassemblés en l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem pour une messe en l'honneur du pape François, le 23 avril 2025. (Rossella Tercatin/Times of Israel)

Après le tollé suscité par son refus de laisser les hauts dignitaires catholiques prier en l’église du Saint-Sépulcre le jour du dimanche des Rameaux, la police israélienne a annoncé être parvenue à un accord avec le Patriarcat catholique sur une prière limitée en ce saint lieu du christianisme.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ensuite fait savoir qu’il avait donné ordre que le cardinal Pierbattista Pizzaballa, le plus haut dignitaire catholique en Israël, « jouisse d’un accès total et immédiat » à l’Église.

Hier, dimanche des Rameaux qui, selon le Nouveau Testament, commémore l’arrivée de Jésus à Jérusalem, accueilli par des foules en liesse portant des feuilles de palmier, la police a empêché Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, et le père Francesco Ielpo, custode de Terre Sainte, de se rendre à l’église. Le dimanche des Rameaux donne le départ de la Semaine Sainte, qui se termine par Pâques, le 5 avril.

Les institutions dirigées par Pizzaballa et Ielpo ont déclaré que cet incident créait un « précédent grave » au « mépris de la sensibilité » de milliards de chrétiens qui célèbrent la Semaine Sainte.

Dès hier, les services de police et le cabinet de Netanyahu ont justifié ce refus par des mesures de sécurité liées à la guerre contre l’Iran au cours de laquelle des éclats de missiles se sont écrasés sur la Vieille Ville, non loin de l’église du Saint-Sépulcre.

Plus tard dans la journée de dimanche, deux responsables de la police — le commandant du district de Jérusalem, le commissaire adjoint Avshalom Peled et le commandant du sous-district David Dvir Tamim — se sont entretenus avec un représentant du Patriarcat latin. Ils ont convenu d’un cadre permettant à toutes les confessions chrétiennes de pratiquer leur culte dans cette église en dépit des hostilités en cours en Iran, a indiqué la police.

Un membre des forces de police a déclaré au Times of Israel que les détails de cet accord seraient publiés demain après une réunion avec l’ensemble des confessions chrétiennes.

Selon les propos de Netanyahu, Pizzaballa serait autorisé à se rendre en l’Eglise du Saint Sépulcre.

« J’ai donné pour instruction aux autorités compétentes de concéder au cardinal Pierbattista Pizzaballa, le patriarche latin, un accès total et immédiat à l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem », a-t-il déclaré dans un communiqué, avant d’ajouter : « Dès que j’ai appris l’incident avec le cardinal Pizzaballa, j’ai donné ordre aux autorités de laisser le patriarche prier comme il le souhaite. »

Des pèlerins catholiques et des membres du clergé participant à la messe du dimanche de Pâques célébrée par le Patriarcat latin de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa, à l’Église du Saint-Sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 avril 2025. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février dernier, les autorités israéliennes ont, pour des raisons de sécurité, interdit l’accès à la Vieille Ville à tous sauf aux résidents et commerçants.

Les restrictions concernent l’ensemble des lieux saints, y compris le mur Occidental, la mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre, fermés depuis le 6 mars. Les rassemblements à Jérusalem et ailleurs en Israël sont limités à 50 personnes, sous réserve de disposer d’un abri à proximité.

Plus tôt ce mois-ci, un fragment de missile iranien intercepté s’était écrasé dans la Vieille Ville de Jérusalem, à environ 400 mètres du mur Occidental et de l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, sur le mont du Temple.

Quelques jours avant cela, des fragments de missiles iraniens interceptés étaient tombés près de l’église du Saint-Sépulcre.

Dans leurs déclarations antérieures au sujet de cet incident, les services de police avaient mis en avant ces dangers pour justifier l’interdiction d’accès de Pizzaballa et Ielpo, tout en insistant sur le fait que « la liberté de culte continuerait d’être respectée, sous réserve des restrictions nécessaires. »

« Depuis le début de l’opération Lion Rugissant, et conformément aux directives du Commandement du Front intérieur, tous les lieux saints de la Vieille Ville de Jérusalem sont fermés aux fidèles, en particulier ceux ne disposant pas d’abris aux normes, afin de garantir la sécurité publique », avait déclaré la police dans un communiqué antérieur.

« La demande du Patriarche a été examinée hier, et il a été précisé qu’elle ne pourrait pas être approuvée pour les raisons évoquées ci-dessus. »

Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin, s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le patriarche grec orthodoxe Theophilos III, non représenté, à la suite de leur visite dans la bande de Gaza, à Jérusalem, le 22 juillet 2025. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

Cette décision a provoqué un tollé au sein de la communauté internationale, à l’instar de l’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, de la Première ministre italienne Giorgia Meloni et du président français Emmanuel Macron.

Huckabee a qualifié cette décision de « difficile à comprendre et justifier », Meloni d’« offense non seulement envers les croyants, mais envers toute communauté éprise de liberté religieuse ».

Macron a pour sa part déclaré : « Je condamne cette décision des services de police israélienne, qui s’ajoute à la trop longue et inquiétante liste des violations du statu quo sur les Lieux saints de Jérusalem. Le libre exercice du culte à Jérusalem doit être garanti pour toutes les religions. »

Le cabinet Netanyahu avait commencé par dire que l’interdiction faite à Pizzaballa était motivée « par des questions liées à sa sécurité » mais que les dirigeants chrétiens pourraient accéder à l’église.

« Cependant, compte tenu de la sainteté de la semaine avant Pâques pour les chrétiens du monde entier, les forces de l’ordre israéliennes préparent un plan pour permettre aux autorités de l’église de prier en ce lieu sacré dans les tout prochains jours », avait-il déclaré.

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