La police fait une descente lors d’une fête de henné à Umm al-Fahm

Invoquant des soupçons de présence d'armes à feu, il s'agirait de la seconde intervention policière contre des célébrations de mariage au sein de la communauté arabe en deux jours

Illustration : Une vue aérienne de la ville d'Umm al-Fahm, dans le nord d'Israël, le 2 juillet 2024. (Crédit : Matanya Tausig/Flash90)

Samedi soir, la police a fait une descente lors d’une fête de henné prénuptiale dans la ville arabe d’Umm al-Fahm, dans le nord du pays, comme le montrent des images vidéo. Il s’agit de la deuxième intervention policière contre des célébrations de mariage au sein de la communauté arabe en l’espace de deux jours.

Cette descente survient alors que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, se félicitait, vendredi soir, de l’arrestation d’un couple de mariés arabes dont le cortège aurait perturbé la circulation dans le sud d’Israël.

La vidéo prise à Umm al-Fahm montre les invités du henné allongés face contre terre entre des chaises renversées, tandis que les policiers circulent parmi eux.

Selon des témoins cités par le site d’information Arab48, la police serait apparue soudainement, aurait lancé des grenades incapacitantes, aurait ordonné aux invités de se mettre à terre et les aurait fouillés sans trouver quoi que ce soit de suspect. Les agents auraient pris des pâtisseries et confisqué un narguilé avant de partir.

Aucune arrestation n’a été signalée.

Interrogée pour plus de précisions, la police a déclaré : « Les actions filmées dans la vidéo ont été menées à la suite de soupçons d’utilisation d’armes à feu. »


« Les agents sont intervenus pour enquêter sur ces soupçons et localiser les armes », a précisé la police, ajoutant que « la police israélienne continuera d’agir avec détermination et sans concession contre les tirs lors des mariages ».

Le communiqué n’a ni précisé si des armes à feu avaient été trouvées ni contesté le récit des témoins.

Les cérémonies de mariage arabes sont souvent accompagnées de coups de feu tirés en l’air pour célébrer l’événement, même si des efforts collectifs ont été déployés pour mettre fin à cette pratique.

Dans un communiqué concernant la descente survenue lors de la cérémonie, Me Ali Adnan Barakat, avocat et membre du conseil municipal d’Umm al-Fahm, a déclaré que « l’intimidation des invités, l’atteinte à leur sécurité et la destruction de leur joie lors d’un événement social sont condamnables et ne doivent pas rester impunies ».

Si cette descente n’avait aucun fondement juridique, alors le comportement des agents « nécessite une enquête et des poursuites conformément à la loi… surtout à la lumière de l’approche extrémiste de Ben Gvir », a ajouté Barakat.

Samedi soir, le ministre a publié une brève vidéo sur le réseau social X montrant une mariée et un marié, tous deux en tenue de mariage, conduits au commissariat d’Ayarot, dans le sud d’Israël, vendredi soir.

Selon Ben Gvir, le couple avait « formé un cortège de mariage sur les routes du Néguev et provoqué délibérément des embouteillages et des perturbations de la circulation ».

Cette publication a suscité de vives critiques en ligne, le député Ahmad Tibi, chef du parti radical arabe Taal, écrivant : « Ce n’est pas de l’application de la loi. C’est une force de police qui veut transformer même un mariage arabe en une zone de peur et d’intimidation. »


Après la disparition de la publication de Ben Gvir de son fil d’actualité, celui-ci a nié l’avoir supprimée et a invité la station de radio de droite Galei Israel à « vérifier si X l’avait supprimée ».

Le réseau social n’a pas encore répondu à une demande de commentaire.

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