La procureure générale enjoint à un juge de débouter Ben Gvir

Le ministre de la Sécurité nationale aurait tenté de retarder la promotion du policier qui a témoigné contre le Premier ministre

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir ; la procureure générale Gali Baharav-Miara. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90 ; Oren Ben Hakoon)

La procureure générale Gali Baharav-Miara a enjoint à un juge de rejeter la demande du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, consistant à reporter la promotion d’une enquêtrice de police qui lui a déplu en témoignant au procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le ministre d’extrême droite refuse en effet depuis l’été dernier de valider la promotion de la surintendante Rinat Saban, alors même que le chef de la police, Danny Levy, est favorable à cette promotion.

La policière, qui est membre de la division d’enquête et de renseignement de la police, avait enquêté sur les soupçons de corruption de Netanyahu et de ses proches et elle avait témoigné en justice contre le Premier ministre l’an dernier.

En début de mois, le juge du tribunal de Jérusalem, David Gidoni, avait donné l’ordre à Ben Gvir de promouvoir Saban, estimant qu’il y avait des raisons de « soupçonner l’existence de considérations inappropriées » dans ce refus insistant.

Mais le ministre campe sur ses positions et il a demandé un sursis.

Dans le courrier qu’elle a adressé à Gidoni, Baharav-Miara a indiqué qu’un nouveau retard dans la mise en œuvre de la promotion de Saban occasionnerait « un préjudice supplémentaire et bien tangible à l’officier [Saban] et à la police israélienne ».

La procureure générale a relevé que Gidoni lui-même avait noté, dans sa décision, que « tout retard supplémentaire pourrait aggraver le risque d’atteinte à l’indépendance de la police. »

Jusqu’à récemment, Ben Gvir s’était refusé à dire que ce refus de promotion était politique, mais il a laissé filtrer sa motivation sous-jacente, il y a une semaine de cela, dans un communiqué dénonçant le procès de Netanyahu, qu’il juge « illégal ».

« Dans un pays normal, une enquêteuse qui participe à une enquête illégale devrait être démise de ses fonctions au sein de la police, et non bénéficier de la protection d’Isaac Amit et de sa clique », a-t-il déclaré en parlant du président de la Cour suprême.

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