La Russie partagerait des images satellites et des technologies de drones avec l’Iran
Moscou a dit fournir des composants de sa propre fabrication dans le but d'améliorer les capacités de frappe des drones Shahed ; la Maison Blanche affirme que ce soutien n'a aucune incidence sur le conflit
La Russie a intensifié son partage de renseignements et sa coopération militaire avec l’Iran, fournissant des images satellites et une technologie de drones améliorée pour aider Téhéran à mieux prendre pour cible les forces américaines déployées dans la région, a rapporté mercredi le Wall Street Journal, qui a cité des sources proches du dossier.
Selon le journal, Moscou aide son allié iranien dans le but de faire durer la guerre – une prolongation de cette dernière présentant des avantages à la fois économiques et militaires pour la Russie.
Des sources – avec parmi elles un haut responsable des services de renseignement européens – ont expliqué que la Russie fournissait à l’Iran des pièces qui permettent de modifier les drones Shahed, leur apportant ainsi des capacités améliorées en matière de communication, de navigation et de ciblage. Les drones Shahed sont fabriqués par la république islamique, mais les Russes disposent de leurs propres versions qui sont produites au niveau local. Moscou partage également ses expériences de ces armes à travers ses combats contre l’Ukraine, donnant des conseils sur la meilleure façon de lancer des attaques avec plusieurs drones.
Le Journal et le Washington Post avaient tous les deux déjà rapporté que la Russie fournissait à l’Iran des informations glanées par satellite sur la localisation des forces américaines dans tout le Moyen-Orient. Des sources ont confié au Journal, dans son dernier article, que cette coopération s’était encore intensifiée et qu’elle aurait aidé les Iraniens à frapper les systèmes radar américains dans la région.
Ces informations proviennent de satellites qui sont exploités par les Forces aérospatiales russes, a noté un responsable.
La porte-parole de la Maison Blanche, Olivia Wales, a minimisé l’importance de ces informations, affirmant que le soutien apporté par le Kremlin au régime de Téhéran n’avait pas d’impact significatif sur les résultats de la guerre.
« Rien de ce qui est fourni à l’Iran par un autre pays n’affecte nos succès opérationnels », a-t-elle dit, ajoutant que les frappes américaines contre les cibles iraniennes avaient entraîné « une diminution de 90 % de leurs attaques aux missiles et de 95 % de leurs attaques aux drones ».
L’Iran a lancé de nombreuses attaques aux missiles et aux drones contre des pays qui abritent des bases américaines dans la région ainsi que contre des centres urbains israéliens, en riposte à la campagne américano-israélienne qui a débuté le 28 février par des frappes aériennes massives et qui s’est poursuivie sans relâche depuis lors.
Au début du mois, CNN avait signalé que des images satellites montraient que plusieurs sites radar américains de la région avaient été touchés, entravant les capacités de défense aérienne, évoquant notamment un site qui desservait une batterie de défense THAAD en Jordanie et plusieurs systèmes radar aux Émirats arabes unis.
Le New York Times , de son côté, a rapporté que sept sites radar et de communication américains avaient été touchés dans toute la région. Des drones et des missiles ont également frappé des cibles civiles et des infrastructures pétrolières dans les pays du Golfe, faisant des victimes et entraînant des dégâts.
L’Ukraine affirme que la Russie a utilisé quelque 57 000 drones Shahed dans la guerre qui oppose actuellement les deux pays. En plus des milliers de drones reçus de l’Iran, la Russie fabrique également ces engins elle-même, leur apportant des capacités de ciblage améliorées et une meilleure résistance au brouillage de la guerre électronique, selon le Journal. Certaines de ces améliorations ont été partagées avec l’Iran.
Pour sa part, Kiev a mis au point une gamme d’intercepteurs de drones bon marché et efficaces — des appareils qui sont conçus pour frapper en plein vol les drones d’attaque à l’approche. Le Washington Post avait annoncé, au début du mois, que des militaires ukrainiens devaient arriver dans le Golfe pour aider les pays de la région à repousser les attaques aux drones iraniens.
Alors que l’Iran cherche à bloquer le détroit d’Ormuz – une voie maritime de premier plan s’agissant du transport du pétrole, et qui relie le golfe Persique à la mer d’Oman – les prix du pétrole ont augmenté, stimulant un élément déterminant de l’économie russe. De plus, Moscou semble tirer profit de l’épuisement des stocks américains de missiles intercepteurs que les Ukrainiens souhaitent acquérir pour leurs propres défenses aériennes.
La Russie et l’Iran entretiennent depuis longtemps des liens étroits et au mois de janvier 2025, les deux pays avaient signé un accord de partenariat stratégique visant à renforcer leur coopération, notamment dans les domaines militaire et de la défense.