La Syrie arrête un officier de l’ère Assad qui avait fui une peine de prison en Autriche
Le lieutenant-colonel Musab Abu Rukbah a été condamné à 8 ans de prison par une Cour de Vienne pour torture et agressions sexuelles contre des opposants du dictateur syrien déchu
DAMAS, Syrie — Les forces de sécurité syriennes ont arrêté un ancien officier de sécurité de l’ère Assad qui s’était enfui d’Autriche après avoir été condamné à huit ans de prison pour avoir maltraité des détenus – il était ensuite revenu dans sa ville natale, dans le sud de la Syrie, a indiqué l’agence de presse officielle SANA mardi dans la soirée.
Le lieutenant-colonel Musab Abu Rukbah a finalement été arrêté dans la ville de Nawa, une localité située dans la province de Deraa, par les forces de sécurité intérieure en coordination avec le département de lutte contre le terrorisme, a précisé SANA, citant les propos qui ont été tenus par les forces de sécurité.
Abu Rukbah a été reconnu coupable le mois dernier par un tribunal de Vienne de coups et blessures, de contrainte aggravée et d’agression sexuelle à l’encontre d’opposants au dictateur déchu Bashar el-Assad, qui avaient été placés en détention. Il dirigeait alors le service des enquêtes criminelles de la police à Raqqa, dans le nord du pays, il y a plus de dix ans.
Il avait plaidé non coupable.
Reuters a signalé, vendredi, qu’Abu Rukbah avait quitté l’Autriche alors qu’il contestait en appel sa condamnation à huit ans de prison, et qu’il était arrivé à Nawa au début du mois d’août, où sa famille avait organisé une réception pour fêter son retour.
L’agence SANA a expliqué mardi qu’Abu Rukbah était entré illégalement en Syrie après avoir fui l’Autriche et que les autorités l’avaient retrouvé à Nawa. Il a été déféré aux autorités compétentes afin de mener à bien les procédures judiciaires préalables à son inculpation, a-t-elle précisé.
Il est difficile de dire quelles accusations pourraient peser à l’encontre d’Abu Rukbah en Syrie, et de savoir si l’Autriche a demandé son arrestation ou son extradition.
Un porte-parole du tribunal autrichien qui l’avait condamné avait déclaré à l’époque à Reuters qu’Abu Rukbah n’avait pas été considéré comme présentant un risque de fuite avant son procès, car il vivait en Autriche depuis 2014 et qu’il y avait demandé l’asile avec sa famille.
Il n’avait pas été placé en détention provisoire pendant le procès ni soumis à d’autres restrictions, et son départ d’Autriche n’a pas enfreint les lois autrichiennes ni les décisions de justice alors que la procédure d’appel était toujours en cours, avait précisé le porte-parole.