La Syrie salue la levée définitive des sanctions américaines

Depuis l'arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, la Syrie cherche à garantir des fonds pour sa reconstruction, dont le coût pourrait dépasser 216 milliards de dollars, selon la Banque mondiale

Le président américain Donald Trump serrant la main du président syrien Ahmed al-Sharaa, à la Maison Blanche, à Washington, le 10 novembre 2025. (Crédit : Service de presse de la présidence syrienne via AP)

Le président syrien Ahmad al-Chareh a salué vendredi la levée définitive des sanctions imposées par les Etats-Unis contre la Syrie, une décision qui ouvre la voie au retour des investissements dans un pays ravagé par près de 14 ans de guerre civile.

Le Congrès américain a approuvé mercredi la levée définitive des sanctions, avec l’abrogation d’une loi dite « César », adoptée en 2019 du temps de l’ex-président Bachar al-Assad, chassé du pouvoir en décembre 2024.

César est le pseudonyme de Farid al-Mazhan, un ex-photographe de la police militaire syrienne qui a fait défection en 2013 en emportant 55 000 photos illustrant les atrocités commises dans les prisons syriennes.

La loi César bannissait de facto la Syrie du système bancaire international et des transactions financières en dollars.

« Aujourd’hui est le premier jour sans sanctions pour la Syrie, grâce à Dieu, et grâce à vos efforts et votre patience pendant 14 ans » de guerre civile, a déclaré Ahmad al-Chareh en s’adressant aux Syriens dans une vidéo postée sur son compte X.

Il a adressé ses « remerciements particuliers au président Donald Trump pour avoir répondu à l’appel du peuple syrien, et aux membres du Congrès pour avoir reconnu les sacrifices de la population syrienne » pendant la guerre.

Auparavant, la diplomatie syrienne s’était félicitée de la levée des sanctions, y voyant « l’entrée dans une phase de reconstruction et de développement », et avait appelé « tous les Syriens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, à contribuer aux efforts de relèvement national ».

L’application de la loi César avait déjà été suspendue deux fois pour six mois après l’annonce en mai par le président américain de la levée des sanctions contre la Syrie, dans le cadre de la normalisation des relations entre les deux pays.

Donald Trump répondait à des demandes de l’Arabie saoudite et de la Turquie, alliées du nouveau gouvernement syrien dirigé par Ahmad al-Chareh, un ancien jihadiste devenu chef d’Etat après avoir renversé Bachar al-Assad.

Damas plaidait pour une levée définitive des sanctions, estimant que leur maintien dans l’arsenal juridique américain continuait de dissuader les entreprises en raison des risques légaux encourus.

Depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, la Syrie cherche à garantir des fonds pour sa reconstruction, dont le coût pourrait dépasser 216 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.

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