La Syrie se retire des pourparlers de Paris avec les Kurdes

Cette décision fait suite à une conférence organisée par l'administration kurde avec la participation de plusieurs communautés minoritaires syriennes

Photo d'illustration : Des Kurdes syriens brandissant des drapeaux de l'époque de l'indépendance lors d'une manifestation de soutien aux Forces démocratiques syriennes, soutenues par les États-Unis et dirigées par les Kurdes, dans la ville de Qamishli, dans le nord-est du pays, le 19 décembre 2024. (Crédit : Delil Souleiman/AFP)

Un responsable syrien a déclaré samedi que les autorités ne participeraient pas aux pourparlers prévus à Paris sur l’intégration de l’administration kurde semi-autonome de Syrie au sein de l’Etat, exigeant que toute négociation future se tienne à Damas.

Cette décision fait suite à une conférence organisée par l’administration kurde, qui contrôle de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, avec la participation de plusieurs communautés minoritaires syriennes — une première depuis la destitution de l’ex-président Bachar al-Assad par une coalition islamiste en décembre.

Parmi les participants figurait le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, signataire le 10 mars d’un accord avec le président par intérim Ahmad al-Chareh prévoyant l’intégration des institutions civiles et militaires kurdes à l’Etat.

La déclaration finale plaide pour « une constitution démocratique établissant un Etat décentralisé », alors que Damas rejette tout projet de décentralisation.

« Cette conférence a porté un coup aux efforts de négociation en cours. En conséquence, (le gouvernement) ne participera à aucune réunion prévue à Paris », a indiqué un responsable syrien cité par l’agence officielle Sana.

Le gouvernement « invite les médiateurs internationaux à transférer toutes les négociations à Damas, seul lieu légitime et national pour un dialogue entre Syriens », a ajouté ce responsable sous couvert d’anonymat.

Fin juillet, la Syrie, la France et les Etats-Unis avaient annoncé un accord pour organiser à Paris, « dans les plus brefs délais », des discussions sur la mise en œuvre de l’accord du 10 mars.

Les récents affrontements intercommunautaires dans la province à majorité druze de Soueida (sud de la Syrie) et les massacres commis en mars contre la communauté alaouite, dont est issu l’ex-président, ont renforcé les inquiétudes kurdes, alors que les négociations avec Damas sont au point mort.

Des combattants tribaux et bédouins rassemblés dans le quartier ouest de la ville à majorité druze de Soueïda, dans le sud de la Syrie, lors d’affrontements avec des hommes armés druzes, le 19 juillet 2025. (Crédit : Abdulaziz Ketaz/AFP)

La conférence a aussi donné lieu à des interventions vidéo de deux figures religieuses influentes: le chef spirituel druze Hikmat al-Hijri et le dignitaire alaouite Ghazal Ghazal.

Damas a récemment critiqué M. Hijri pour ses appels à une protection internationale des druzes et sa demande d’aide à Israël lors des violences de juillet.

Le gouvernement ne « siégera pas à la table des négociations avec toute partie cherchant à restaurer l’ère de l’ancien régime », a mis en avant le responsable, dénonçant la présence de « figures séparatistes impliquées dans des actes hostiles ».

Selon lui, la conférence de vendredi constitue « une tentative d’internationaliser les affaires syriennes » et d’encourager l’ingérence.

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