La télé iranienne diffuse une « liste noire » de 7 responsables israéliens, dont Netanyahu

Katz, Zamir et Barnea sont également sur cette liste ; Tsahal appelle les Iraniens à contacter le Mossad ; Guterres critiqué pour sa lettre de félicitations à l'Iran

Une « liste noire » de cibles israéliennes diffusée sur la chaîne de télévision d'État iranienne Ofogh, le 12 février 2026. (Crédit : Capture d'écran)

Une chaîne de télévision publique iranienne a diffusé jeudi une liste noire de sept responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans ce qui apparaît comme une menace d’assassinat.

La liste diffusée par la chaîne Ofogh de la République islamique comprend Netanyahu, le directeur du Mossad David Barnea, le ministre de la Défense Israel Katz, le chef de l’armée israélienne Eyal Zamir, le chef de l’armée de l’air Tomer Bar, le chef du directorat des Renseignements militaires Shlomi Binder et le chef des opérations Itzik Cohen.

Le visuel accompagnant la liste présentait les photographies des sept responsables placées dans des réticules, évoquant une visée de tir.

Le présentateur de l’émission a également proféré une menace en hébreu à l’antenne, déclarant : « Nous déterminerons le moment de votre mort, préparez-vous à voir arriver l’Ababil », en référence au drone de fabrication iranienne.

Téhéran négocie actuellement avec Washington au sujet de son programme nucléaire afin d’éviter un conflit potentiel entre les deux pays. Des diplomates américains et iraniens ont tenu des pourparlers indirects la semaine dernière à Oman. Il y a un mois le président américain avait menacé d’attaquer l’Iran en raison de la répression brutale des manifestations anti-régime le mois dernier. L’Iran avait répondu aux menaces en disant qu’il frapperait des cibles israéliennes et américaines en représailles.

Jeudi matin, Netanyahu est rentré en Israël après une visite à Washington où il a rencontré le président américain Donald Trump, que le régime iranien aurait également tenté d’assassiner. Dans une déclaration aux journalistes après son atterrissage, le Premier ministre a déclaré que Trump pensait que les Iraniens pourraient être contraints d’accepter « un bon accord », mais a souligné son propre scepticisme quant aux négociations.

Trump lui-même a de nouveau menacé l’Iran jeudi, avertissant qu’il était nécessaire « de conclure un accord avec l’Iran, sinon cela va être très traumatisant, très traumatisant. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse aux journalistes sur le tarmac de la base militaire Joint Base Andrews dans le Maryland avant son retour en Israël, le 12 février 2026. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

L’armée israélienne appelle les Iraniens à contacter le Mossad

Plus tôt jeudi, l’armée israélienne a publié un message en persan invitant les Iraniens à envisager de contacter le service de renseignement israélien du Mossad.

La déclaration, partagée sur le compte officiel de Tsahal en persan sur X, inclut le nom d’utilisateur d’un compte Telegram appartenant au Mossad, par lequel il est possible de transmettre des informations de manière confidentielle.

« Nous demandons au peuple patriote iranien de suivre uniquement nos canaux officiels et de rester en contact avec nous pour toute coopération », a indiqué l’armée, ajoutant que « les pages et liens mentionnés dans cette publication constituent les seuls comptes officiels et vérifiés ».


Ce n’est pas la première fois que Tsahal appelle les Iraniens à coopérer avec le Mossad, dans le but probable d’attirer d’éventuels transfuges ou informateurs.

Tsahal est présente depuis des années sur les réseaux sociaux en persan, principalement dans le but de contrer les discours du régime iranien.

Le secrétaire général de l’ONU critiqué pour avoir félicité l’Iran à l’occasion de l’anniversaire de la révolution

Jeudi également, une lettre écrite la veille par le secrétaire général des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, félicitant l’Iran à l’occasion de l’anniversaire de la révolution islamique de 1979, a suscité des critiques. L’organisation de défense des droits humains UN Watch, basée à Genève, l’a qualifiée de « honteuse ».

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’exprime lors de la conférence de l’UNA-UK marquant le 80ᵉ anniversaire de la fondation de l’ONU, au Methodist Central Hall, lieu de la première Assemblée générale des Nations unies, à Londres, le 17 janvier 2026. (Crédit : Toby Shepheard/AFP)

La lettre a d’abord été rapportée par l’agence officielle iranienne IRNA, qui a indiqué que Guterres avait « adressé ses plus chaleureuses félicitations » à Téhéran à l’occasion de sa fête nationale, ajoutant que cet anniversaire constituait « une occasion importante de réfléchir au chemin parcouru par un pays, à son rôle et à ses contributions au sein de la communauté internationale, ainsi qu’aux idéaux qui façonnent son avenir ».

Interrogé jeudi par Fox News, le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a confirmé l’existence de la lettre, précisant toutefois qu’il s’agissait d’une « lettre standard envoyée à tous les États membres à l’occasion de leur fête nationale », ajoutant qu’il s’agit d’une tradition en vigueur depuis des dizaines d’années.

« Chaque État membre reçoit exactement la même lettre », a poursuivi Dujarric. « Elle ne doit pas être interprétée comme un soutien aux politiques menées par le gouvernement concerné. »


« Cela ne change en rien la position du secrétaire général concernant la répression observée en Iran, qu’il a qualifiée d’horrible compte tenu du niveau de violence et du nombre de victimes », a ajouté le porte-parole.

La lettre a également été qualifiée de « totalement déplacée » par l’analyste iranienne Banafsheh Zand, qui a déclaré à Fox News qu’après la répression brutale des manifestations le mois dernier, « adresser des félicitations officielles aux architectes de ces souffrances apparaît comme un échec moral ».


Une telle lettre pourrait « éroder la crédibilité [de l’ONU] et aggraver les souffrances de ceux qui continuent de lutter pour la liberté en Iran », a ajouté Zand.

Le média cite également Andrew Ghalili, directeur des politiques du groupe américain National Union for Democracy in Iran, selon lequel cette lettre revient à « légitimer un régime fondé sur la répression, les exécutions et la destruction systématique des libertés fondamentales ».

« Offrir une reconnaissance officielle à la République islamique à l’occasion de l’anniversaire de sa révolution revient à ignorer les effusions de sang, la répression des manifestants et la prise d’otages continue de personnes innocentes », a-t-il ajouté.

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