La Turquie propose un candidat au poste de secrétaire général de l’ONU

Feridun Sinirlioglu revendique une carrière de plus de 40 ans dans la diplomatie ; Il a été notamment ambassadeur en Israël et bref ministre des Affaires étrangères en 2015

ARCHIVES - Le secrétaire général de l'OSCE, Feridun Sinirlioglu, participe à une conférence de presse conjointe avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l'issue de leurs entretiens à Moscou, en Russie, le 11 mars 2025. (Crédit: Maxim Shemetov/Pool Photo via AP, archives)

La Turquie a proposé la candidature de Feridun Sinirlioglu, secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), au poste de chef des Nations unies, a-t-on appris samedi de sources officielles.

Le représentant permanent de la Turquie auprès de l’ONU, Ahmet Yildiz, a transmis vendredi la lettre de nomination du président Recep Tayyip Erdogan, selon l’agence de presse officielle Anadolu.

Cette décision d’Ankara reflète « son engagement indéfectible envers (…) un multilatéralisme efficace », écrit le chef de l’Etat dans son courrier, publié par des médias turcs.

Elle traduit aussi sa contribution au choix d’un secrétaire général des Nations unies « à un moment où les divisions géopolitiques s’approfondissent et où la confiance entre les nations s’amenuise ».

Le choix à venir « constituera une décision importante pour orienter la communauté internationale vers un avenir plus pacifique, plus juste et plus durable, alors qu’elle est confrontée aux défis multiformes auxquels nous faisons face », a ajouté le chef de l’Etat.

Feridun Sinirlioglu revendique une carrière de plus de 40 ans dans la diplomatie. Il a été notamment ambassadeur en Israël, bref ministre des Affaires étrangères en 2015 et représentant permanent de la Turquie auprès des Nations unies.

La candidature turque intervient suite à une « impasse » dans le processus de sélection, selon des sources à l’ONU.

Pour succéder au Portugais Antonio Guterres, qui arrive au terme de son deuxième mandat en fin d’année, un candidat doit obtenir neuf voix et éviter un veto. Et le septième vote indicatif au Conseil de sécurité, à huis clos vendredi, s’est terminé sans qu’un favori se dégage.

Rebeca Grynspan, ex-vice-présidente du Costa Rica, est de nouveau arrivée en tête, devant l’Argentin Rafael Grossi, actuel dirigeant de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana.

Rebeca Grynspan, alors secrétaire ibéro-américaine, prend la parole à Antigua, au Guatemala, le 16 novembre 2018. (Crédit: AP/Oliver de Ros)

Mais lors d’un précédent scrutin, les sept candidats en lice n’avaient pas réussi à échapper à un vote négatif d’au moins un des cinq pays disposant d’un veto (Royaume-Uni, France, États-Unis, Chine et Russie).

Depuis, l’ex-président sénégalais Macky Sall s’est retiré et une nouvelle candidate s’était déclarée : la diplomate émiratie Lana Nusseibeh, quatrième en nombre de votes vendredi.

Lorsqu’un consensus se dégagera, le nom sera soumis à l’Assemblée générale, qui en pratique suit la recommandation du Conseil.

Selon une tradition géographique pas toujours respectée, l’Amérique latine revendique le poste. De nombreux pays poussent également pour qu’une femme prenne pour la première fois la tête de l’ONU.

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