La Turquie rend la France responsable de l’instabilité en Libye

'Ce n'est un secret pour personne que ce pays accorde un soutien inconditionnel à Haftar en échange d'un droit de regard sur les ressources naturelles de la Libye', a dit Erdogan

Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le président turc Recep Tayyip Erdogan devant lui lors d'une photo organisée dans le cadre du sommet de l'OTAN à l'hôtel Grove de Watford, au nord-est de Londres, le 4 décembre 2019. (Crédit : CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP)

La Turquie a accusé mercredi la France d’être responsable de l’instabilité en Libye, après que le président français Emmanuel Macron a reproché à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan un « non-respect de la parole donnée » pour continuer à intervenir dans les affaires libyennes.

« Le principal responsable des problèmes en Libye depuis le début de la crise en 2011 c’est la France », a déclaré le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Hami Aksoy.

« Ce n’est un secret pour personne que ce pays accorde un soutien inconditionnel à (l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa) Haftar en échange d’un droit de regard sur les ressources naturelles de la Libye », a-t-il ajouté.

Lors d’une rencontre avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Paris, M. Macron a accusé M. Erdogan de « non-respect de la parole donnée » pour l’envoi « en ce moment même » de navires turcs transportant des mercenaires syriens en Libye.

« Nous voyons ces derniers jours des navires turcs accompagner des mercenaires syriens arrivant sur le sol libyen », « c’est en contravention explicite avec ce que le président Erdogan s’était engagé à faire lors de la conférence de Berlin, c’est le non-respect de la parole donnée », a affirmé le président français.

« C’est attentatoire à la sécurité de tous les Européens et des Sahéliens », a-t-il insisté.

Le chef de l’Etat a aussi répété qu’avec ses partenaires européens il soutenait la Grèce et Chypre « en condamnant les intrusions et provocations de la Turquie », ajoutant « condamner avec la plus grande fermeté l’accord récent » entre le Gouvernement d’union nationale libyen et la Turquie sur l’envoi de forces turques en Libye.

Le chef du gouvernement unitaire soutenu par l’ONU Fayez al-Sarraj, au centre, visite les commandants militaires et sécuritaires qui ont supervisé la re-capture du checkpoint 27 à Janzour, entre Tripoli et Zawiya, le 5 avril 2019 (Crédit : Mahmud TURKIA / AFP)

Ankara est accusé d’avoir dépêché quelques centaines de combattants syriens sur place, en soutien à Fayez al-Sarraj, chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU et en grande difficulté face à l’offensive de son rival, le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle les trois-quarts du territoire libyen.

M. Aksoy a estimé que le soutien de la France et d’autres pays au maréchal Haftar, qui attaque « le gouvernement légitime », était « la menace la plus sérieuse contre l’intégrité territoriale et la souveraineté le la Libye ».

« Si la France veut contribuer à l’application des décisions prises lors de la conférence (de Berlin), elie devrait commencer par mettre fin à son soutien à Haftar », a-t-il ajouté.

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