La ville de Gand refuse de restituer un portrait spolié par les nazis, évoquant une indemnisation antérieure
Une commission indépendante a conclu que les héritiers du marchand d’art Samuel Hartveld avaient déjà été indemnisés pour la perte de la peinture
La Ville de Gand a annoncé qu’elle ne restituerait pas le « Portrait de l’évêque Antonius Triest », du peintre baroque Gaspar de Crayer, aux héritiers du marchand d’art Samuel Hartveld, spolié par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Une commission indépendante, réunissant des experts des beaux-arts, l’administration fédérale et l’Université de Gand (UGent), a conclu ce mois-ci que la famille Hartveld avait déjà été indemnisés pour la perte de la peinture.
La demande de restitution avait été déposée en octobre 2023 auprès du musée des beaux-arts de Gand (MSK). L’enquête a confirmé que l’œuvre avait été volée pendant l’Occupation puis vendue, avant d’être abandonnée par Samuel Hartveld lors de sa fuite vers New York en 1940. Le tableau a intégré la collection gantoise en 1948 via un restaurateur anversois.
Sur la base d’archives et de documents juridiques, la commission a estimé qu’aucune restitution ni compensation supplémentaire n’était justifiée. La Ville de Gand a décidé de suivre cet avis.
La municipalité adopte également la recommandation d’accompagnement : le MSK présentera désormais systématiquement l’historique complet de la provenance du tableau – notamment son statut d’œuvre spoliée par les nazis – lorsqu’il sera exposé.