La violence va empirer en Cisjordanie, dit un haut-responsable des renseignements
Prenant la parole lors d'une conférence, le général de brigade Amit Saar a estimé que les violences croissantes en Cisjordanie seraient la question la plus difficile en 2023
Le chef du département de recherche des renseignements militaires a expliqué que la situation déjà tendue en Cisjordanie n’allait qu’empirer dans l’année qui s’annonce et qu’il ne fallait pas évoquer, comme de nombreux responsables l’ont fait, une simple « vague de terrorisme ».
Prenant la parole lors d’une conférence organisée par Gazit, un think-tank militaire, le général de brigade Amit Saar a estimé que les violences croissantes en Cisjordanie seraient la question la plus difficile – après la question iranienne – en 2023.
« On peut dire que rien n’a changé… que le terrorisme est saisonnier, qu’il y a une vague tous les deux ou trois ans, qu’il se calme pour revenir ensuite. Il y a des gens, dans l’establishment de la sécurité, qui croient cela – mais pour pour ma part, j’ai un avis différent », a dit Saar.
« Je pense que nous devons examiner ce qui s’est passé ces derniers mois – pas le nombre d’attentats mais bien leur cause », a-t-il ajouté.
« Nous assistons à l’effondrement des fondations qui nous permettaient de gérer le conflit. Nous sommes loin d’être en capacité de résoudre ce conflit mais il y avait des fondations qui nous permettaient de le gérer », a-t-il continué.
Saar a indiqué que l’Autorité palestinienne avait perdu sa légitimité auprès des jeunes Palestiniens et que l’accès aux armes à feu, en Cisjordanie, était facile – ce qui a favorisé les fusillades répétées qui ont été enregistrées.
« Ils s’en prennent à tout, à l’AP, au Hamas, aux groupes organisés… Ils sont en colère, ils ont accès aux armes, les incitations sont nombreuses. Ils veulent écrire leur propre histoire et la partager sur TikTok », a-t-il déclaré, en référence au groupe terroriste de la Fosse aux Lions ainsi qu’à d’autres organisations de Palestiniens armés en Cisjordanie.
« Ce qui est beaucoup plus compliqué à gérer », a noté Saar.