L’ADL relève les notes de plusieurs universités américaines ayant collaboré avec Trump

Columbia, Brown et UCLA font partie des établissements dont les notes se sont améliorées dans le rapport annuel du groupe de veille de l'antisémitisme au sein des campus

Un contre-manifestant porte un drapeau israélien tout en brandissant un drapeau américain près d’un campement pro-palestinien et anti-israélien sur le campus de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), le 30 avril 2024 à Los Angeles, en Californie. (Crédit : MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

JTA — Les universités qui ont conclu des accords avec l’administration Trump l’an dernier afin de préserver leur financement fédéral ont, pour la plupart, obtenu de meilleures notes dans les « bulletins » consacrés à l’antisémitisme sur les campus publiés cette semaine par l’Anti-Defamation League (ADL).

Columbia, Brown, l’université de Pennsylvanie et l’université de Virginie, qui ont conclu des accords afin de clore les enquêtes fédérales sur les droits civiques ouvertes à leur encontre, certaines en échange de versements importants, ont toutes vu leur note s’améliorer dans l’évaluation de l’ADL.

C’est la troisième année que l’ADL évalue la manière dont les universités gèrent la problématique de l’antisémitisme, et c’est la première étude qui reflète les politiques mises en place par l’administration Trump sur cette question. Ces mesures ont été saluées par certains groupes juifs, qui les jugent nécessaires, tandis que d’autres estiment qu’elles utilisent l’antisémitisme comme prétexte pour restreindre la liberté académique.

« Je pense que certaines de ces politiques ont pu influencer ce qui se passe au sein des établissements universitaires, et que cela a donc eu un impact sur les notes », a expliqué Shira Goodman, la directrice du Centre de lutte contre l’antisémitisme au sein de l’éducation chez l’ADL, auprès de la Jewish Telegraphic Agency.

Goodman a précisé que ni les relations entretenues par les universités avec le gouvernement ni les poursuites judiciaires engagées par des organisations privées, y compris par l’ADL, n’avaient influencé la note d’un établissement. Au contraire, dit-elle, ces actions, associées aux « pressions de la communauté juive », ont plutôt encouragé les universités à prendre plus au sérieux les préoccupations liées à la haine antijuive. Elle a fait remarquer que certaines des conditions convenues dans les accords « correspondent à ce que nous évaluons et à ce que nous réclamons depuis 2023 ».

L’université Cornell a obtenu son deuxième C consécutif malgré un accord qui prévoyait le versement de 60 millions de dollars à l’administration. Penn, dont la note est passée de C à B, a conclu un accord concernant les athlètes transgenres plutôt que l’antisémitisme, tout en continuant à contester les poursuites judiciaires engagées par l’administration Trump sur la question de la haine antijuive. Cette semaine, l’université a contesté devant la justice une demande fédérale visant à obtenir la liste des enseignants et du personnel juifs dans le cadre d’une enquête en cours.

Dans l’ensemble, a expliqué Goodman, les établissements se sont considérablement améliorés dans leur gestion de l’antisémitisme au cours des trois années durant lesquelles l’ADL les a évalués.

Illustration : Des personnes sur le campus de l’université Cornell, à Ithaca, dans l’État de New York, le 2 février 2024. (Crédit : Seth Wenig/AP Photo)

Ce projet de bulletin de notes a été critiqué par certains groupes étudiants juifs qui l’ont jugé trop simpliste et manquant de nuance – les établissements semblent néanmoins le prendre au sérieux. L’ADL a indiqué que 89 % des universités qu’elle a notées cette année « ont collaboré avec l’ADL pendant le processus d’évaluation », notamment en fournissant des documents sur leur gestion de l’antisémitisme. Et certains établissements se sont vantés de l’amélioration de leur note.

« Nos efforts et nos actions dans la lutte contre l’antisémitisme sont reconnus », a commenté Julio Frenk, le recteur juif de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), dans un communiqué qui saluait le passage de l’UCLA d’un D à un B.

Goodman a noté que les groupes étudiants juifs, notamment les sections Hillel et Chabad, continuaient d’avoir des réactions mitigées face à ces évaluations.

« Certains d’entre eux pensent que ce bulletin leur complique la vie et complique leurs relations avec les universités », a-t-elle expliqué. « Et pour d’autres, je pense que cela les aide. Nous pouvons jouer un peu le rôle du “mauvais flic”. »

Parmi les autres résultats notables du classement de l’ADL :

• 23 universités ont obtenu un « A » et quatre un « F ».

• Parmi les nouveaux établissements obtenant un « A » figurent l’université de New York, l’USC, Tulane, Johns Hopkins et l’American University.

• L’UCLA est passée de D à B alors même que l’administration Trump a pris l’université pour cible sur plusieurs dossiers.

• L’université de Harvard, également engagée dans un long litige fédéral pour antisémitisme, a conservé sa note C.

• L’université internationale de Floride, où une discussion de groupe entre des responsables républicains de l’établissement, dont l’existence a été récemment révélée, regorgeait de propos antisémites l’automne dernier, a conservé sa note A.

Goodman a noté que ces discussions avaient été révélées trop tard pour être prises en compte dans les notes de l’ADL.

Peu d’établissements comptant une importante population juive ont vu leurs notes baisser. Une exception : l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign est passée de C à D. Goodman a expliqué que cette baisse était due au fait que l’établissement n’avait pas tenu ses promesses dans le cadre d’un accord conclu en 2024 avec des groupes juifs.

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