L’Allemagne restitue une statue du 18e siècle vendue sous la contrainte en 1935

La statuette du 'Christ à la colonne' appartenait à l'origine au journaliste et éditeur Albin von Prybram-Gladona

Cette photographie non datée diffusée par la maison de vente aux enchères Christie's le 24 octobre 2024 montre des soldats américains « Monuments Men » récupérant des œuvres d'art volées, notamment un tableau du peintre français Nicolas de Largilliere, intitulé « Portrait de femme à mi-corps » (à droite), au château de Neuschwanstein, dans le sud de l'Allemagne, en 1945, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. À Paris et à New York, Christie's présentera bientôt l'héritage de la résistante Rose Valland et des « Monuments Men » qui ont aidé à récupérer d'innombrables œuvres d'art pillées par les nazis. (Photo by HANDOUT / CHRISTIE'S AUCTION HOUSE / AFP)

La Fondation allemande pour le patrimoine culturel prussien (connue sous l’acronyme SPK) a restitué une sculpture datant du début du XVIIIe siècle à ses héritiers légitimes, après avoir déterminé que celle-ci avait été vendue suite aux persécutions perpétrées par les nazis, a annoncé l’organisation.

La statuette du « Christ à la colonne » appartenait à l’origine au journaliste et éditeur Albin von Prybram-Gladona, a expliqué la SPK dans un communiqué publié cette semaine.

Les parents de von Prybram-Gladona avaient abandonné leur religion juive avant sa naissance. Albin von Prybram-Gladona a été persécuté par le régime nazi, qui a saisi sa maison d’édition à Munich en 1935. Sans emploi, il a alors du faire face à de graves difficultés financières ; c’est ainsi qu’il a commencé à vendre une partie de sa collection d’œuvres d’art.

En novembre 1935, il a proposé la statuette au musée de Berlin, aujourd’hui nommé Bode-Museum, qui la lui a rachetée pour 400 reichsmarks. Cette vente, compte tenu du contexte et du prix, doit être considérée comme une spoliation résultant de la persécution et restituée à son propriétaire d’origine, a indiqué la SPK.

« Une fois l’origine clairement établie, nous avons contacté les héritiers de [la défunte épouse d’Albin] Charlotte Prybram-Gladona. Je suis très heureuse que cette œuvre puisse désormais être restituée à ses véritables propriétaires », s’est réjoui Marion Ackermann, présidente de la SPK. « Nous espérons que cette restitution permettra de réparer, au moins en partie, l’injustice subie. »

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