L’anti-Israël Mamdani, figure anti-Trump, s’installe jeudi à la mairie de New York
Critiqué pour son manque d'expérience, l'élu s'entoure de collaborateurs aguerris, dont certains sont issus de précédentes mandatures ou même de l'administration de l'ex-président Joe Biden et dont certains sont aussi ouvertement anti-Israël
Adversaire résolu de Donald Trump, auquel tout l’oppose, le démocrate Zohran Mamdani, premier maire musulman élu en novembre à la tête de la ville de New York, prend ses fonctions jeudi pour un mandat de quatre ans.
Prise de fonction festive
Mamdani prêtera serment juste après minuit, devant un cercle restreint, en présence de la procureure générale de New York, Letitia James, ennemie personnelle de Trump, qu’elle a poursuivi en justice et qui a récemment tenté de la faire inculper en retour. Une cérémonie devant l’hôtel de ville, présidée par le sénateur juif Bernie Sanders, figure de la gauche américaine, et une fête de quartier sont ensuite prévues à la mi-journée.
Un événement festif qui fait écho à « l’un des messages principaux » que l’élu a martelé durant sa campagne, à savoir que « New York est une ville formidable dans laquelle on aime vivre », analyse pour l’AFP Lincoln Mitchell, professeur de sciences politiques à l’Université Columbia.
Chantiers politiques
Le futur maire, socialiste revendiqué dans un pays où ce mot est associé à l’extrême gauche, a bâti son programme autour du coût de la vie, prohibitif dans cette mégapole de 8,5 millions d’habitants.
Son prédécesseur, Eric Adams, a toutefois compliqué une mesure phare de son programme, le gel des loyers de plus d’un million d’appartements, en nommant ou en renommant plusieurs de ses proches au comité chargé d’en décider.
Les modalités des autres promesses de Mamdani (construction de 200 000 logements abordables, garde d’enfants accessible à tous, supermarchés publics aux prix bas et gratuité des bus) ne sont pas encore connues.
Bon point pour lui : il entretient d’excellentes relations avec Kathy Hochul, la gouverneure démocrate de l’État de New York, qui valide de nombreuses mesures municipales, notamment les hausses d’impôts qu’il envisage.
Opposition à Trump
Contre toute attente, la rencontre entre Trump et Mamdani, fin novembre, a été cordiale, après une campagne acrimonieuse.
« Les résultats comptent davantage que les symboles », observe John Kane, enseignant à l’Université de New York.
Le futur maire « a judicieusement cherché un terrain d’entente avec Trump : faire de New York à nouveau une ville où il fait bon vivre ».
Toutefois, avec la présence accrue de la police de l’immigration dans la ville, il est difficile de dire combien de temps cette accalmie durera. Les électeurs « attendent réellement » que leur 111ᵉ maire (ou 112ᵉ, selon les décomptes) s’oppose fortement à la politique de Trump, rappelle Lincoln Mitchell.
Publics à rassurer
Âgé de 34 ans, Mamdani est l’un des plus jeunes maires de New York. Il a auparavant exercé le seul mandat de représentant de quartier à l’Assemblée de l’État. Critiqué pour son manque d’expérience, l’élu s’entoure de collaborateurs aguerris, dont certains sont issus de précédentes mandatures ou même de l’administration de l’ex-président Joe Biden et beaucoup sont ouvertement anti-Israël.
Il a également ouvert le dialogue, avant même son élection, avec les milieux d’affaires, dont certains prévoyaient un exode massif des riches New-Yorkais, exode qui ne s’est pas réalisé pour l’instant, selon plusieurs dirigeants du secteur immobilier ces dernières semaines.
Défenseur de la cause palestinienne, ce musulman d’origine indienne doit également continuer à rassurer la communauté juive. Récemment, l’une de ses recrues a démissionné après la découverte de tweets antisémites qu’elle avait postés dans sa jeunesse et il ne ménage pas ses interventions anti-Israël.
« Figure culturelle »
« Le maire de New York est [presque] toujours une figure culturelle », relève enfin Lincoln Mitchell. Brève incursion dans le rap, cours d’improvisation à Manhattan, équipe de foot à Brooklyn, costumes « d’entrée de gamme […] pour un trentenaire qui cherche à être pris au sérieux », dixit le New York Times... La presse décortique le personnage.
Son épouse, Rama Duwaji, illustratrice d’origine syrienne, rencontre le même engouement. Son compte Instagram a gagné plus d’un million d’abonnés depuis novembre, selon les statistiques de Social Blade. En une de la publication du New York Magazine consacrée à la mode et à la culture, The Cut, elle a récemment déclaré ne pas être une « politicienne » mais « un soutien pour Z », le surnom de Mamdani, et vouloir utiliser son rôle de Première dame de New York « du mieux possible en tant qu’artiste ».