Lapid fustige ses rivaux de l’opposition qui « désertent » la Knesset et la lutte contre Netanyahu

'Ils en veulent à ceux qui sont restés et qui se sont battus, au lieu d’en vouloir à ceux qui ont déserté', dit le chef de Yesh Atid, accusé de diriger une opposition faible, à son parti

Yair Lapid s'entretenant sur Zoom avec des membres de son parti Yesh Atid, le 12 avril 2026. (Crédit : X, utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a interpellé ses collègues Naftali Bennett, Gadi Eisenkot et Yair Golan, qu’il accuse d’avoir déserté la Knesset, abandonnant son parti face à la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a rapporté lundi la chaîne publique Kan.

Le média a diffusé des enregistrements d’un appel Zoom qui a eu lieu dimanche entre Lapid et les dirigeants de son parti Yesh Atid, durant lequel Lapid a réagi aux critiques internes selon lesquelles l’opposition qu’il dirige serait faible.

« Aujourd’hui, nous allons exprimer ce que nous avons gardé pour nous jusqu’à présent, par solidarité avec nos alliés. Nous refusons en effet de continuer à subir leurs reproches. Nous allons donc leur poser une question : l’opposition est-elle vraiment là ? Et pourquoi avons-nous été les seuls à ne pas prendre la fuite ? », a expliqué Lapid.

Énumérant leurs noms, il a rappelé que Bennett, son ancien partenaire et Premier ministre, avait quitté le parti avant les dernières élections et n’était actuellement pas membre de la Knesset, qu’Eisenkot a rejoint la coalition d’urgence de Netanyahu pendant la guerre à Gaza, puis a démissionné de la Knesset à cause de la loi sur l’exemption de service militaire des Haredim « parce qu’il ne s’entendait pas avec Benny Gantz », et que Yair Golan, le chef du parti de gauche Les Démocrates, n’est quant à lui pas membre de la Knesset.

« En réalité, ils en veulent à ceux qui sont restés et qui se sont battus, au lieu d’en vouloir à ceux qui ont déserté », a-t-il poursuivi.

« Donc, avec tout le respect que je vous dois, je tiens à préciser que nous avons pris part à tous les combats : contre le coup d’État, sur les questions financières, contre la loi sur les réfractaires au service militaire, ou encore au sein des commissions et à la Knesset. Si vous avez des reproches à formuler, adressez-les à ceux qui ont abandonné la bataille », a martelé Lapid.

L’ancien Premier ministre Naftali Bennett (à droite) et l’ancien député Gadi Eisenkot se réunissant pour discuter de leur avenir politique, le 7 septembre 2025. (Crédit : Bureau de Naftali Bennett)

Lundi, suite à la publication de ses propos, Lapid a posté un message sur le réseau social X dans lequel il désignait Bennett et Eisenkot comme des amis et des partenaires, tout en réaffirmant que Yesh Atid avait été le seul parti à « lutter contre le pire gouvernement de l’histoire de l’État ».

« Et pourquoi vous en prenez-vous spécifiquement à Yesh Atid, le parti qui est resté et qui s’est battu, plutôt qu’à tous ceux qui ont déserté et qui nous ont laissés seuls face à l’adversaire ? », a-t-il ajouté.

Selon les sondages dévoilés la semaine dernière, la cote de popularité du Likud de Netanyahu serait en baisse depuis l’annonce par le président américain Donald Trump d’un cessez-le-feu temporaire – et impopulaire – avec l’Iran.

Avec ce repli du Likud, les partis d’opposition se rapprocheraient de la majorité des 120 sièges de la Knesset, sans toutefois parvenir à l’obtenir, si des élections avaient lieu aujourd’hui.

Un sondage réalisé par Kan attribuait 59 sièges aux partis sionistes anti-Netanyahu, un sondage de la chaîne N12 leur en prédisait 60, et un sondage de la Treizième chaîne leur en accordait 55.

Les élections législatives se tiendront au plus tard en octobre.

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