Lapid : Si Netanyahu remporte les prochaines élections, « ce sera la fin du sionisme »

Un collaborateur du Premier ministre a appelé à la restauration des élections directes pour le poste de Premier ministre, alors que les sondages montrent que le Likud et ses alliés ne parviendraient pas à obtenir la majorité à la Knesset

Le chef de l'opposition Yaïr Lapid s'exprimant lors d'une conférence Yesh Atid, à Tel Aviv, le 1ᵉʳ septembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les Israéliens doivent être aujourd’hui conscients que c’est, pour eux, « la dernière chance de sauver le pays », a dit lundi le chef de l’opposition Yair Lapid, qui a insisté sur le fait que si la coalition du Premier ministre Benjamin « Netanyahu remporte à nouveau les élections, ce sera la fin du sionisme ».

Alors qu’il s’exprimaiut devant des militants lors d’un rassemblement de son parti Yesh Atid, à Tel Aviv, Lapid a insisté sur le fait que « si nous ne sauvons pas le pays maintenant, dans deux ans, il ne restera plus rien à sauver. La fenêtre d’opportunité se sera fermée ».

Les Israéliens ont actuellement deux choix : « Un pays du premier monde, un pays prospère, sophistiqué et de renommée mondiale, avec des valeurs libérales, un amour pour la tradition juive et un fort sentiment communautaire, ou un pays du tiers-monde, un pays violent et arriéré qui transforme le Judaïsme en racisme et qui veut éliminer notre démocratie », a-t-il averti.

Affirmant qu’Israël doit impérativement se doter d’une constitution, que l’État juif doit améliorer son système éducatif et « protéger la police et les tribunaux », Lapid a noté que « seul notre parti peut vous garantir à 100 % que personne ne volera votre vote pour le transmettre à Netanyahu après les élections. »

Les politiciens de l’opposition, de Gadi Eizenkot à Naftali Bennett, ont tous « déclaré qu’ils seraient Premier ministre, ou au moins ministre de la Défense » – et même si lui-même a déclaré n’avoir « aucun problème avec le fait que les gens puissent avoir des ambitions », quelqu’un « devra également savoir comment rassembler toutes ces forces et comment former un gouvernement à partir de ces dernières ».

« Nous sommes dans une année électorale. À part Yesh Atid, personne ne sait comment faire les choses. Si vous voulez que cela arrive, si vous voulez vraiment que nous remportions les élections et que nous formions un gouvernement, Yesh Atid doit être grand, Yesh Atid doit être fort, il doit prendre la tête du camp », a-t-il ajouté.

Lapid a néanmoins appelé à l’unité entre les factions de l’opposition, demandant « de se concentrer uniquement sur ce qui est vraiment important : renvoyer le gouvernement du 7 octobre et sauver l’État d’Israël ».

Les prochaines élections nationales doivent avoir lieu avant le 27 octobre 2026. Les récents sondages d’opinion qui ont pu être diffusés par les chaînes de téévision israéliennes montrent que Yesh Atid est devancé dans les intentions de vote par les listes électorales théoriquement menées par Bennett et Eizenkot, ainsi que par d’autres factions de l’opposition, Yisrael Beytenu et Les Démocrates.

De gauche à droite : Avigdor Liberman, président du parti Yisrael Beytenu, dirige une réunion de faction à la Knesset le 14 juillet 2025. (Yonatan Sindel/Flash90) ; Yair Lapid, chef de l’opposition, dirige une réunion de faction à la Knesset, à Jérusalem, le 4 août 2025. (Yonatan Sindel/Flash90) ; L’ancien Premier ministre Naftali Bennett en visite au Mur occidental dans la vieille ville de Jérusalem, le 26 mai 2025. (Yonatan Sindel/Flash90) ; L’ancien député Gadi Eisenkot tient une conférence de presse après avoir annoncé sa démission de la Knesset et son départ du parti de l’Unité nationale, à Tel-Aviv, le 1er juillet 2025. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Ces mêmes sondages ont montré que le parti du Likud de Netanyahu obtiendrait le plus grand nombre de sièges de toutes les factions si de nouvelles élections étaient organisées aujourd’hui – mais qu’avec les formations politiques qui composent sa coalition actuelle, il serait loin d’obtenir la majorité nécessaire pour former un gouvernement.

À la lumière de ces résultats, Natan Eshel, un collaborateur de longue date de Netanyahu, a déclaré lundi « qu’il n’y a qu’une seule solution qui permettra à l’État d’Israël de sortir de la plupart de ses problèmes : un changement de régime », a fait savoir la chaîne d’information N12.

« Tant que les petits partis feront chanter les grands partis, le pays ne pourra pas être géré », aurait écrit Eshel dans une lettre à titre privé, selon la chaîne.

Natan Eshel assiste à une cérémonie commémorative en l’honneur de Yoni Netanyahu, frère du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au cimetière militaire du Mont Herzl, à Jérusalem, le 16 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon le reportage, Eshel aurait appelé à revenir au système d’élection directe du Premier ministre tel qu’il existait dans les 1990, lorsque Netanyahu avait été élu pour la première fois à ce poste en battant Shimon Peres en 1996. Israël était toutefois revenu au vote en faveur des partis au détriment des individus cinq ans plus tard dans la mesure où il s’était avéré trop difficile de former une coalition après le scrutin.

Si un tel système devait être révisé, Netanyahu pourrait être mieux placé pour conserver son poste de Premier ministre, même si les sondages montrent régulièrement que son bloc parlementaire ne disposerait pas de la majorité. Les enquêtes ont en effet montré que parmi ses rivaux, seul Bennett bénéficiait d’un niveau de soutien similaire auprès des électeurs lorsque ces derniers étaient interrogés sur la personnalité la plus apte à occuper le poste de Premier ministre.

Netanyahu a récemment exercé des pressions pour qu’une loi rétablissant les élections directes soit adoptée en 2021, après que lui et ses partenaires religieux de droite ne sont pas parvenus à obtenir la majorité à la Knesset à l’issue d’un quatrième tour de scrutin en près de quatre ans, dans le cadre d’une tentative infructueuse qui visait à empêcher Bennett de devenir Premier ministre.

« Nous devons tout mettre en œuvre pour que, dès les prochaines élections, nous votions [pour le Premier ministre] de cette manière », aurait ajouté Eshel.

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