L’armée classe sans suite l’enquête sur de graves attaques contre des Palestiniens en 2023

Faute de preuves suffisantes pour identifier les suspects, l'armée renonce à poursuivre les résidents d'implantations et soldats accusés de torture sur trois Palestiniens

Une photo de Palestiniens ligotés et déshabillés après avoir été appréhendés par des soldats israéliens et des résidents d'implantations dans le village central de Wadi al-Seeq en Cisjordanie, le 12 octobre 2023. (Crédit : Utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Les services du Procureur militaire de Tsahal ont classé sans suite l’affaire concernant une agression sauvage contre trois Palestiniens en Cisjordanie, survenue peu après le pogrom du Hamas du 7-octobre, a révélé le quotidien Haaretz.

Le Procureur militaire n’est en effet pas parvenu à rassembler suffisamment de preuves reliant à cet incident des résidents d’implantations et des soldats, indique Haaretz.

Les victimes palestiniennes ont été maltraitées pendant des heures, le 12 octobre 2023 : elles ont été battues, mises en sous-vêtements, ligotées et photographiées.

Deux d’entre elles se sont fait uriner dessus, une autre a été brûlée par des cigarettes et une autre a subi une agression sexuelle de la part d’un assaillant qui a tenté de la sodomiser, selon leurs témoignages.

Les attaques de résidents d’implantations contre des Palestiniens se sont banalisées ces dernières années mais cette attaque, en octobre 2023, est considérée comme l’une des plus brutales.

Pourtant, la réponse d’Israël à ces attaques est faible : les arrestations sont rares, les inculpations plus rares encore et les condamnations presque inexistantes.

L’actuel gouvernement est largement accusé de fermer les yeux sur ce phénomène, voire de le soutenir tacitement.

L’ancien chef de la division de la police de Cisjordanie fait actuellement l’objet d’une enquête pour refus de poursuite des affaires de violences commises par des résidents d’implantations, ce qu’il aurait fait dans le but de se concilier les bonnes grâces du ministre de la Sécurité intérieure, l’homme d’extrême droite Itamar Ben Gvir.

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