L’armée israélienne nie avoir déplacé la Ligne jaune à Gaza
Selon une enquête du quotidien français Libération, des balises jaunes ont été installées, étendant la zone sous contrôle d'Israël au-delà des limites définies par le cessez-le-feu
L’armée israélienne a rejeté dimanche les accusations selon lesquelles elle aurait déplacé unilatéralement la « Ligne jaune » à l’intérieur de la bande de Gaza, à la suite d’informations selon lesquelles les soldats israéliens auraient repoussé la frontière plus profondément dans l’enclave.
Dans une réponse publiée par l’armée israélienne, celle-ci affirme marquer visuellement la Ligne jaune en fonction du terrain et de l’évolution des évaluations opérationnelles, qualifiant de « inexactes » les allégations selon lesquelles la ligne aurait été déplacée.
Les soldats opèrent sur la base des instructions des dirigeants politiques et conformément aux frontières définies dans l’accord de cessez-le-feu, précise cette déclaration.
L’armée israélienne ajoute qu’elle s’efforce « autant que possible » de minimiser les dommages causés aux civils non impliqués, conformément au droit international.
Cette réponse fait suite à une enquête menée par le quotidien français Libération, qui affirmait que plus de 120 balises jaunes avaient été installées à travers Gaza, notamment près de Khan Younès, Shejaiya et Jabaliya, étendant ainsi la zone sous contrôle israélien au-delà des limites définies par l’accord de cessez-le-feu d’octobre.
À l’aide d’images satellites et de vidéos filmées par des habitants de Gaza, le journal dit avoir géolocalisé les balises, estimant qu’elles englobent désormais sous contrôle israélien au moins 56 % de l’enclave, contre 53 % lorsque la ligne a été marquée pour la première fois.
Un exemple cité montre des blocs nouvellement installés au début du mois de décembre non loin de l’école Bani Suheila, à l’est de Khan Younès, à environ 600 mètres à l’intérieur de la ligne qui, selon Israël, devait définir la zone tampon de sécurité. Selon l’article, la zone de l’école avait été utilisée comme refuge par des familles déplacées.