L’Australien Packer a versé 1,25 M de $ à un cabinet d’avocats défendant Netanyahu – média
Un financier lié à l’Affaire 1000 a affirmé que ces versements n’avaient aucun lien avec le procès du Premier ministre, selon le Sydney Morning Herald
Une société placée sous le contrôle du milliardaire australien James Packer a versé environ 1,25 million de dollars, au cours des deux dernières années, au cabinet d’avocats de Tel Aviv dont l’avocat principal assure la défense du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le cadre de son procès pour corruption qui est actuellement en cours, selon une enquête qui a été publiée dans la journée de lundi.
Le Sydney Morning Herald a indiqué dans son article qu’il n’avait pas établi que Netanyahu avait tiré profit des versements qui ont été effectués au cabinet Hadad Roth Shenhar & Co. – le cabinet qui le représente dans les trois affaires de corruption qui sont actuellement jugées par le tribunal de grande instance de Jérusalem.
Packer a ultérieurement nié que ces fonds aient servi à financer la défense de Netanyahu. Dans un communiqué qui a été rendu public par l’intermédiaire du cabinet Hadad Roth Shenhar, le milliardaire a dit que « l’affirmation qui laisse entendre que j’aurais versé ne serait-ce qu’un centime en faveur de la défense du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est mensongère ». Il a ajouté que ceux qui lanceraient de telles accusations « s’exposeront à des poursuites judiciaires ».
Haddad a indiqué, lundi, que son cabinet représentait des sociétés contrôlées par Packer « dans des affaires qui n’entretiennent absolument aucun lien » avec le procès de Netanyahu.
Selon l’article du journal, des versements mensuels de 50 000 dollars avaient commencé le 23 septembre 2024 en provenance d’un compte Citibank appartenant à Consolidated Press International, la société de Packer, l’argent tombant sur le compte de Hadad Roth Shenhar auprès de la banque israélienne Mizrahi Tefahot.
Ces virements se seront sont poursuivis pendant deux ans et ils ont totalisé au moins 1,25 million de dollars.
Une source proche des affaires financières de Packer a confié au journal que la société était rémunérée pour des prestations fournies à Packer – se livrant notamment à la recherche d’opportunités commerciales en Israël – et que cet arrangement n’avait aucun rapport avec le procès de Netanyahu. Le Sydney Morning Herald a précisé qu’après avoir demandé des preuves de ces prestations ou de ces accords, il n’avait reçu aucun élément justificatif de la part de Packer ou de sa société.
Ces paiements font l’objet d’une attention particulière, Packer lui-même occupant une place de premier plan dans le cadre de l’Affaire n° 1000, l’une des trois affaires de corruption qui visent Netanyahu. Selon l’acte de mise en examen, le producteur hollywoodien Arnon Milchan avait présenté Packer à Netanyahu en 2013 et entre 2014 et 2016, Packer avait offert à Netanyahu et à son épouse, Sara, des cigares et du champagne pour une valeur de 229 000 shekels.
Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance dans cette affaire et il n’a cessé de clamer son innocence.
Packer n’a pas été accusé d’actes répréhensibles dans cette affaire. Il avait été interrogé en tant que témoin par la police fédérale australienne en 2017 à la demande des enquêteurs israéliens. Le Sydney Morning Herald a rapporté qu’il avait pleinement coopéré.
La question du financement extérieur de la défense judiciaire de Netanyahu avait déjà fait l’objet d’un examen minutieux. Une commission de l’État avait rejeté la demande soumise par Netanyahu, qui tentait alors d’avoir l’autorisation de pouvoir obtenir une aide financière substantielle de la part d’associés fortunés. Le panel avait estimé qu’il était inapproprié que des bienfaiteurs financent la défense du Premier ministre dans une affaire pénale qui portait sur le fait qu’il avait accepté de multiples cadeaux de la part d’hommes d’affaires fortunés. La commission avait également ordonné auparavant à Netanyahu de restituer l’argent qu’il avait reçu de son cousin Nathan Milikowsky pour couvrir ses frais juridiques.
Une source ayant eu connaissance des versements faits par Packer a confié au Sydney Morning Herald, sous couvert d’anonymat, que ces transferts devaient faire l’objet d’une enquête afin de déterminer si une partie de cette somme avait procuré, directement ou indirectement, des profits non-déclarés à Netanyahu. Le journal a souligné à plusieurs reprises qu’il n’avait trouvé aucune preuve établissant que c’était le cas.
Interrogé par le journal australien au sujet de ces versements, un porte-parole de Netanyahu a répondu : « Je me fiche complètement de vos questions. Nous sommes très occupés. Nous sommes en pleine campagne électorale ».
Packer et le Premier ministre étaient proches dans le passé. Le milliardaire australien possédait en effet une maison voisine de celle des Netanyahu, à Césarée. Netanyahu avait parlé de Packer aux enquêteurs en évoquant « un voisin et un ami » tandis que Packer avait dit que « j’admire le Premier ministre Netanyahu et je suis heureux d’avoir eu l’occasion d’être son ami ». Packer avait également déclaré dans un témoignage qui avait été rapporté par la Dixième chaîne, en 2017, qu’il avait offert de son plein gré des cadeaux à Netanyahu, notamment à la demande du Premier ministre et de son épouse.
Les deux hommes avaient finalement renoué contact à l’occasion du discours qui avait été prononcé par Netanyahu devant le Congrès américain au mois de juillet 2024 – discours auquel Packer avait assisté depuis la tribune en tant qu’invité. Ils avaient ensuite partagé un dîner de shabbat, selon le Sydney Morning Herald.
Le premier versement de 50 000 dollars qui avait été effectué sur le compte du cabinet Hadad Roth Shenhar avait eu lieu environ huit semaines après les retrouvailles entre les deux hommes.
Selon cet article, Transparency International Australia a appelé à un examen indépendant de ces versements en raison du rôle tenu par Packer dans l’Affaire 1000 et de la controverse antérieure concernant le financement de la défense de Netanyahu.
« Dans la mesure où des accusations de corruption graves pèsent d’ores et déjà sur Netanyahu concernant des cadeaux reçus par le passé de la part de Packer et de la part d’autres partenaires commerciaux, ces nouvelles allégations doivent faire l’objet d’une enquête approfondie de la part des autorités », a commenté Clancy Moore, directeur de Transparency International Australia.
Il a également souligné que de nouvelles preuves seraient en capacité d’établir de manière définitive que ces virements n’avaient absolument aucun lien avec Netanyahu, selon le Sydney Morning Herald.