Le bloc d’opposition envisagerait l’élection directe du Premier ministre
N12 a indiqué que, selon des sources, les partis étudient le modèle proposé pour la dernière fois par Netanyahu en 2021 pour sortir le pays de l'impasse politique
Les partis du « bloc du changement », qui constituent l’opposition, envisagent de présenter un projet de loi qui instaurerait le principe de l’élection directe du Premier ministre, selon un reportage qui a été diffusé vendredi dans la soirée sur la chaîne d’information N12, qui a précisé que le bloc cherchait à former un gouvernement minoritaire sans s’appuyer sur le soutien des partis arabes, dans le contexte de l’impasse politique qui a suivi les élections de mardi.
Selon ce reportage, les partis d’opposition ont qualifié cette initiative de « modèle Netanyahu 2021 » – le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait lui-même fait la promotion d’une proposition similaire dans le sillage des élections indécises de mars 2021, après que ses propres efforts pour former une coalition se sont enlisés.
Cette proposition permettrait aux électeurs d’élire le Premier ministre indépendamment du gouvernement, ce qui pourrait offrir une issue à l’impasse actuelle.
Les partis anti-Netanyahu ont remporté 67 sièges à la Knesset qui en compte 120 – ce qui pourrait leur donner suffisamment de voix pour faire adopter des lois avant même que la composition du prochain gouvernement ne soit définie.
Les opposants à Netanyahu se répartissent entre les partis du « bloc du changement » dirigés par des Juifs — Yashar, BeYahad, HaDemocratim et Yisrael Beytenu — qui détiennent 48 sièges, et les factions chapeautées par des Arabes, qui ont atteint un record historique de 19 sièges. Les partisans de Netanyahu, pour leur part, ont gagné 53 sièges, ce qui est insuffisant pour atteindre la majorité de 61 sièges à la Knesset, qui en compte 120.
Le reportage a fait savoir que des sources au sein du « bloc du changement » avaient confirmé que les partis envisageaient de présenter un projet de loi en faveur d’élections directes, même si l’article a précisé qu’il s’agissait là d’une idée parmi d’autres à l’étude et qu’aucune décision n’a encore été prise.
Dans le cadre d’un tel système, un candidat remportant une élection directe au poste de Premier ministre pourrait théoriquement former un gouvernement minoritaire sans obtenir la majorité à la Knesset.
La loi fondamentale quasi-constitutionnelle d’Israël, intitulée « Loi fondamentale : Le gouvernement », exige qu’un futur gouvernement remporte un vote de confiance à la Knesset, qui compte 120 sièges, avant son investiture.
L’introduction d’élections directes nécessiterait donc une modification de la loi, une démarche qui requiert le soutien d’au moins 61 députés de la Knesset, ce dont le bloc d’opposition pourrait théoriquement disposer s’il devait bénéficier du soutien des partis arabes.
Il est difficile de dire qui prendrait la tête du bloc d’opposition en tant que candidat au poste de Premier ministre en cas d’élection directe, les principaux partis n’ayant pas convenu de soutenir un seul leader avant le scrutin de mardi et Gadi Eisenkot (Yashar), Naftali Bennett (BeYahad) et Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu) se disputant tous la première place.
Les partis d’opposition n’ont pas commenté le reportage qui a été diffusé par N12.
Israël avait brièvement expérimenté l’élection directe du Premier ministre dans les années 1990 — cela avait été la première élection de Netanyahu à ce poste, lorsqu’il avait battu Shimon Peres en 1996. Cela avait été la première élection directe du Premier ministre en Israël.
Toutefois, le pays était revenu cinq ans plus tard à un système de vote exclusivement par parti, cette mesure ayant encore fragmenté l’électorat : les électeurs devaient voter pour de petits partis sectoriels après avoir apporté leur voix à un candidat au poste de Premier ministre issu des grands partis, rendant encore plus difficile la formation de coalitions viables.
La dernière élection directe au poste de Premier ministre en Israël remonte à 2001.