Le Canada range l’anti-sionisme parmi les manifestations contemporaines de l’antisémitisme
Un rapport fédéral cite l'usage du mot « sionistes » comme insulte visant les Juifs. Le CIJA et le Conseil national des musulmans canadiens s'opposent sur la définition de l'antisémitisme.
Le gouvernement fédéral canadien a identifié l’anti-sionisme comme une manifestation moderne de l’antisémitisme, dans un rapport d’étape publié le 24 septembre par Sécurité publique Canada, selon le site L’actualité. Le document fait le point sur les mesures fédérales annoncées en janvier pour lutter contre la haine anti-juive et se penche sur les « manifestations contemporaines de l’antisémitisme, y compris l’anti-sionisme ».
Il s’appuie notamment sur le cas d’un homme condamné pour incitation publique à la haine après avoir employé le terme « sionistes » comme une insulte visant les Juifs. Le rapport indique que ce changement « revêt une importance particulière », en raison de « l’utilisation croissante de ce terme par des manifestants qui tentent ainsi de soustraire des propos haineux à toute responsabilité criminelle ».
Selon le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), pour qui « l’anti-sionisme alimente la violence contre les Canadiens », « la diabolisation d’Israël donne le feu vert aux extrémistes qui s’en prennent à la communauté juive ».
À l’inverse, pour le Conseil national des musulmans canadiens, il s’agit là d’une confusion des genres. « Confondre l’opposition au sionisme avec la haine ou la discrimination à l’égard du peuple juif risque de faire disparaître la distinction importante entre l’expression politique et l’antisémitisme », a-t-il écrit.
Le Conseil fait partie des nombreuses organisations qui ont rejeté la définition de l’antisémitisme adoptée par les gouvernements fédéral et provinciaux, rédigée par International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA).
Le CIJA, lui, soutient cette définition, qu’il juge être la plus largement acceptée au monde et qu’il recommande notamment aux universités comme outil pour évaluer les incidents et les plaintes.
Selon cette définition, la critique d’Israël peut relever de l’antisémitisme, notamment lorsqu’elle compare les politiques israéliennes à celles des nazis ou lorsqu’elle exige d’Israël ce qu’elle n’exige d’aucun autre pays. Le texte précise toutefois qu’une critique comparable à celles adressées à d’autres États ne peut être qualifiée d’antisémite.