Le Canada refuse l’entrée à Rima Hassan, LFI dénonce une « censure »

Les autorités canadiennes auraient justifié cette décision par des incohérences dans la déclaration de la candidate concernant d’éventuels refus d’entrée dans d’autres pays ou des éléments liés à des procédures judiciaires

Rima Hassan, à Paris, le 14 juin 2025. (Crédit : AP Photo/Aurelien Morissard)

L’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan a affirmé sur X, samedi 28 mars, avoir été empêchée d’entrer au Canada, où elle devait participer à plusieurs conférences à Montréal, dénonçant une « tentative de censure ».

Selon un communiqué de La France insoumise (LFI), l’autorisation de voyage électronique (AVE) de l’élue avait été initialement validée, avant d’être révoquée la veille de son départ après l’ouverture d’un examen par les autorités canadiennes.

L’eurodéputée devait intervenir à l’université Concordia, notamment lors d’événements consacrés aux « tentatives de censure » visant les soutiens de la cause palestinienne et à la lutte contre l’extrême droite.

Les autorités canadiennes auraient justifié cette décision par des incohérences dans la déclaration de la candidate concernant d’éventuels refus d’entrée dans d’autres pays ou des éléments liés à des procédures judiciaires, selon LFI. En 2025, Rima Hassan avait été interdite d’entrée en Israël lors d’un déplacement avec une délégation du Parlement européen.


L’élue, connue pour ses positions anti-Israël, fait également l’objet de plaintes en France pour « apologie du terrorisme » après avoir déclaré que le Hamas menait une action « légitime » dans le cadre du droit international, tout en condamnant certains de ses actes, notamment les prises d’otages. Aucune de ces plaintes n’a, à ce stade, donné lieu à des poursuites ou condamnations, insiste son entourage politique.

LFI a dénoncé une décision influencée par le « lobbying » d’organisations pro-israéliennes. Parmi elles, le CIJA, qui s’est félicité publiquement de l’interdiction, estimant que l’élue ne devait pas bénéficier d’une tribune au Canada.



De son côté, B’nai Brith Canada a affirmé avoir transmis des informations aux autorités canadiennes et salué une décision visant, selon elle, à empêcher que le pays ne serve de plateforme à des discours justifiant la violence.

Cette décision a également suscité des réactions politiques au Canada. Le député du Nouveau Parti démocratique Alexandre Boulerice a jugé la mesure « suspecte », évoquant une possible implication du gouvernement fédéral.

Dans un message sur les réseaux sociaux, Rima Hassan a indiqué qu’elle interviendrait finalement à distance lors des conférences prévues, tout en dénonçant une atteinte à la liberté d’expression.



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